Emia - Run to live Run to live... Une intro sans titre lancée à vivre allure, frontale, sauvage et bruyante, Emia respire l'urgence, et, armé d'un metal polyrythmique et effréné, ne se prive pas pour défoncer les cloisons à coups de riffs sécateurs qui déracinent tout sur leur passage. Entrée en matière réussie de la part qui attaque également très fort la deuxième piste, morceau-titre de l'EP, qui après une intro tout feu tout flamme, calme un peu le jeu, pour abattre ses cartes, entre metal moderne plutôt bien velu techniquement parlant et neo-thrashisant qui dégoupille sans prévenir. Les Toulousains jouent vite, jouent fort et au détour d'un break bien arraché cartonnent les tympans façon Machine Head ("Child), avant de ralentir le tempo pour imposer un peu plus sa griffe et les petites finesses de son écriture moins calibrée qu'il n'y paraissait au premier abord ("Bloundless"), avant de faire parler une double-pédale qui s'impose avec autorité. Bruyant, gueulard, guerrier, Run to live est de ces belles tatanes métalliques assénées avec un certain savoir-faire à une scène hexagonale qui a parfois le tord de se regarder un peu trop le nombril. Ou de vouloir faire systématiquement comme Hacride et un certain groupe landais que l'on ne citera pas. Un "Vortex" en mode hardcore hargneux mais technique, violent mais équilibré, un "Double edge" qui renoue avec le mode TGV furibard de "Run to live", chant haranguant une foule invisible pendant que les guitares se charge de hacher les restes avec une opiniâtreté qui doit forcément faire très mal en live. Un dernier titre pour la route avec "Dear mum" puis rideau. Verdict : mécanique parfaitement huilée, force de frappe avantageuse, production au poil (merci les gens du Conkrete Studio) et grosse présence devant les amplis, plus qu'un simple bon groupe de metal frenchy de plus, Emia a ce petit truc en plus qui fait qu'on va le garder quelques temps sur le radar. Par contre l'artwork, faut faire quelque chose parce que ce n'est vraiment pas ça...