instinct artwork Après avoir découvert Ektomorf avec son cinquième album (oui, je suis un peu lent), il était peut-être utile de se pencher sur la suite au moment de parler du groupe sur le W-Fenec. Oui, parce que, moins d'un an, après Destroy, le combo hongrois revient casser des blocs de marbre à mains nues avec Instinct. Pour une évolution dans le style bien bourrin du groupe ?
Euh, à vrai dire. pas vraiment. Même pas du tout, en fait. Pour faire court, ce nouvel album, c'est un peu le frère jumeau de son prédécesseur. Dès le départ, "Set me free", premier titre de ce sixième album sort les crocs, et curieusement, on se croirait revenu à l'époque de Chaos A.D, l'album cultissime de Sepultura. Les thrasheux hongrois ne se démarquent pas plus de leurs glorieux aînés brésiliens sur "Show your fist" ou l'éponyme "Instinct". Pourvu que Max Cavalera ne vienne jamais taper le boeuf avec Zoltán Farkas, sinon ça va être galère pour discerner les deux voix, tant les deux hurleurs se ressemblent.
Ektomorf aligne l'excellentissime "Burn" puis "The Holy Noise" et "Fuck you all" (tout en finesse non ?), des hymnes au headbang, bien carrés et brûlants juste comme il faut pour atomiser tes voisins. Le problème, encore une fois, c'est que l'évolution entre les titres de cet album et ceux de Destroy ne saute pas aux yeux. Si l'on met de côté le tube "Burn", où le trio parvient à alterner passages bien ravageurs comme il en a l'habitude, avec d'autres plus calmes, et chose étonnante, apaisants, Ektomorf ne fait toujours pas dans la dentelle.
Les riffs sont en marbre, le batteur s'accorde une petite séance de pilonnage massif et le groupe rend une série de morceaux variablement inspirés de Soulfly, Machine Head et donc. évidemment Sepultura. Sauf que cette fois, le groupe on le connaît est il devient alors extrêmement prévisible, efficace d'accord, mais il se dégage une impression de déjà vu fort troublante. Alors à ce moment là, le groupe nous fait le coup du morceau du Soulfly like, à savoir un titre calme, inspiré par la musique traditionnelle du pays du groupe. Résultat, un titre baptisé "Land of pain" mais qui ne restera pas dans les annales, Ektomorf ne semblant vraiment à son aise, que quand il fait du.. Sepultura.
Tribute band luxueux ou banal groupe suiveur ? De par l'efficacité et les tripes que met le groupe dans ses morceaux, on laissera à Zoltán Farkas et ses hommes, le bénéfice du doute. Car le Ektomorf de Instinct est largement aussi massif que celui qui sévissait sur Destroy. Sans frime, sans écran de fumée, le groupe distribue les uppercuts heavy et adresse sa rage brute au bas peuple. Loin d'être complètement convaincant, mais défouloir puissant, Instinct est à conseiller aux nostalgiques de la grande époque du Roots de Sepultura, ou à défaut aux inconditionnels de Max Cavalera qui patientent entre deux albums de Soulfly.