Mais commençons par le set d'Ed-Äke, un quintet qui s'illustre aujourd'hui par la création d'un style unique composé de rock teinté de métal. Après une introduction enfumée, 9 titres de rock bien bruyant, variés et complémentaires, nous sont proposés. Le son d'Ed-Äke se veut bien gras pour les parties les plus énergiques mais il peut devenir par moment plus claire, voir plus calme quand la musique s'y prête. Les voix se fondent très bien sur les différentes structures des morceaux, à coup de chant et de cris. Ed-Äke nous montre donc l'étendue de ses envies actuelles pour un résultat très abouti (mention spéciale pour "Miss explanation", "My lady loves", "A scary tale", "Need no flag", "Teenage anguish" et à "Y", un ancien titre que je réécoute avec délectation). Le public manifeste de plus en plus bruyamment sa satisfaction. Les deux seuls petits hic viennent du mixage et de la taille de la salle. D'une part, même si j'adore le gros son bien gras, je pense qu'on ne distingue pas assez bien les guitares par moment et qu'on n'entend pas assez la voix de JB dans les choeurs ; d'autre part le Klub est une salle bien située dans Paris mais trop petite. Mais les membres d'Ed-Äke réussissent à optimiser leurs prestations de manière pro. Et le public répond présent au maximum, même si certaines personnes n'ont pas eu les meilleurs conditions pour apprécier ce groupe prometteur. Mais que le public se rassure, il aura d'autres occasions de les voir car Ed-Äke va faire parler de lui dans les mois qui viennent.

Après le changement de plateau, Crack ov dawn ouvre les hostilités avec sa shock-pop, fait de rock, de métal, de glam. Autant vous le dire tout de suite, la performance de ce groupe, ne m'a pas vraiment emballé. D'un point de vue musical, les parties sont variées mais restent très basiques. Le résultat est décevant car, malgré des influences et quelques parties intéressantes, Crack ov dawn ne réussit pas à détenir un style réellement original et ne va pas assez loin dans les genres explorés. La shock-pop annoncé se retrouve plus dans les looks marqués par un mauvais goût vestimentaire assumé et par une attitude pseudo-provocante ; et l'attitude entre et pendant les chansons devient par moment pathétique (je cite de mémoire "Est-ce que tout le monde aime dire fuck ?" dixit le chanteur avant des paroles hautement philosophiques "We like to say fuck" ou quelque chose comme ça). Pour résumer mon sentiment, 2 solutions s'offrent à moi : soit ce sont des musiciens qui font la musique de leur rêve sans recul ou soit les membres de Crack ov dawn veulent que leur musique soit prise au 2nd degré (mais je dirai plus au 25ème degré) car ils sont conscients qu'ils proposent eux-mêmes une caricature de ce qu'ils représentent. Si le public a l'air d'apprécier un show plutôt carré et pro marqué par un gros son, je reste très déçu et de fait plongé dans un débat non-résolu à leur sujet.