Earthtone9 - IV Ils avaient marqué la fin des 90's et le début des années 2000 avec leur metal alternatif d'excellente facture, eux aussi font comme tout le monde et reviennent aux affaires. Mais on ne va pas forcément s'en plaindre. Parce que dès les premières secondes de "March of the yeti", le groupe envoie direct les décibels taquiner les enceintes : groove-metal alternatif jusqu'au bout des riffs, c'est simple mais efficace, calibré 90's avec un son très actuel néanmoins, parfaitement équilibré entre les passages les plus mélodiques et ceux plus bien hargneux. Et comme en prime on a droit à quelques refrains qui mettent dans le mille, Earthtone9 réussit parfaitement son entrée en matière.

Pour le titre, les Anglais n'ont pas cherché à faire compliqué quand ils pouvaient faire simple. En ce qui concerne le contenu de l'album, c'est le même tarif, entre un "Preacher" aux breaks salvateurs et frappe bien rugueuse ou un "Sea of blades" reptilien qui ondule entre les amplis pour faire exploser son chorus radiophonique sans forcer son talent. Parfois un peu "facile", Earthtone9 fait parler sa classe folle mais se repose de temps en temps un peu trop sur elle. Ou alors y va carrément et pose un tube sur la platine ("Andersion") quand il ne pique pas sa crise de nerfs le temps d'un "God cloud" aussi hargneux que salvateur. Et si le groupe donne régulièrement l'impression d'être resté bloqué quelques dix ans en arrière, vu le niveau de la production actuelle en la matière, on ne va pas faire la fine bouche.

Question matière justement, si l'on reste en territoire(s) extrêmement balisé(s), on savait aussi un peu à quoi s'attendre de leur part : soit de l'abrasif solide ("Harsh light"), une probable petite ballade pour toucher les âmes sensibles (qui arrive avec le lacrymal mais sympathique "Our last sunrise"), et quelques grosses ficelles légèrement handicapantes ("The sound of the engine turning") mais qui n'obèrent pas l'intérêt global que l'on peut avoir pour ce IV à la constance créative plutôt salutaire et aux effluves métalliques du plus bel effet ("Horizon's end"). Ce jusqu'à l'ultime "Occam's razor", morceau de conclusion tirant le rideau sur l'album du comeback d'un groupe phare de la scène des 90. Qui s'il n'enchante pas complètement, livre ici un disque hautement recommandable malgré une petite poignée de défauts que l'on aurait bien gommé si on était à la place des Anglais. Pas mal.