Drawers - Drawers Est-ce parce qu'ils en avaient marre d'être enfermés dans un tiroir ? En tout cas, après leur split avec Hangman's Chair (Drawers | Hangman's Chair), on retrouve les Toulousains en train de naviguer quelque part entre le sludge et le stoner massif testant avec plus ou moins de réussites un tas de directions, rebroussant à chaque fois leur route pour revenir sur leur base : un son bien gros et gras.

Ecouter ce nouvel album, éponyme, de Drawers, c'est donc un peu partir à l'aventure sans trop savoir où le groupe va nous emmener. Les changements de tempérament (du plus agressif au plus plaintif), de rythmes (entre ruées vers la mesure suivante et ralentis) et de granulométries (du très gros ou du gros mais un peu moins qu'avant quand même) font de ce voyage musical un véritable trip chaotique où certains arrêts se révèlent brutaux. Comme certains démarrages et virages du reste. Dis comme ça, on a du mal à s'imaginer les Drawers savoir se faire plus doux et... bon, ok, ils ne sont pas franchement adeptes de la douceur mais ça leur arrive de se calmer quelques secondes et de se la jouer câlineurs à la T'Choupi. Ceci dit, leur tasse de thé, c'est bien plus la rugosité, le parpaing et le ponçage des esgourdes à l'émeri, c'est du reste pour ça aussi qu'on les aime et là, ils ne sont pas manchots. C'est donc à quoi ils s'emploient la plupart du temps à coups de riffs mastodontes et de textes grognés.

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis mais on préfère quand même toujours quand les Drawers grattouillent dans le saignant plutôt que quand ils chatouillent un peu trop le doom. Certains diront que pour que toute la puissance du combo s'exprime, il leur faut des plages plus délicates avant de faire monter la sauce ("Bleak"), ils n'auront pas tort mais on continuera de penser qu'ils sont aussi capables de tailler dans le vif sans prendre de gants ("Words"), surtout qu'ils sont meilleurs à plein régime ("Shadow dancers") qu'en promenade ("Take stock").