Down - Down IV Part I - The Purple EP En quelques deux décennies, Down est passé du statut de all-star band/side project/arlésienne confidentielle à celui de groupe mythique/intouchable/tête de gondole du stoner métal planétaire. En 2012, les southern boys sont encore là, entre 2 intolérances au lactose et autres cuites au sirop pour la toux, avec un projet qui pour le coup est assez bandant sur le papier. Le concept de base ? 4 EPs = 4 tonalités distinctes puisant dans le vaste marais où le groupe plonge ses racines. The Down Series : Acte I.

The purple EP entame le bal avec 6 titres au goût de heavy doom semblant revenir aux sources de ce qui faisait la qualité première du groupe. La vieille rengaine Sabbathienne est remise sur le tapis avec son lot de structures à rallonge, de tempi d'outre-tombe et de duels de guitares au clair de lune ("The curse" donne vite fait bien fait une idée du truc tout en lourdeur épique). Le groupe a décidé de se faire péter la sous-ventrière avec ses références de jeunesse et dans un premier temps le plat est plutôt savoureux d'autant que le savoir faire des gaziers n'est plus à prouver. La prod' est brute et marque la distance avec Over the under et l'on se dit que le retour au studio du père Phil en Louisiane n'y est certainement pas pour rien. En plus, ça colle bien avec le principe un peu DIY des 4 EPs... "Witchtripper" est plutôt honorable et on finirait presque par le ranger aux côtés des "On march the saints" et autres "Temptation's wings" parmi les bonnes pioches de la discographie "Downienne". Quant à "Open coffin" et "Levitation", ils s'en sortent également avec les honneurs grâce à des lignes vocales plutôt bien faites qui accrochent nos oreilles délicates, laissant au crooner des marais l'occasion de bosser ses trémolos (d'ailleurs mon petit gars Phil va falloir se remettre au sport et arrêter la fumette parce que tous les effets studio du monde ne nous cachent pas que tu commences grave à patiner sur certaines parties vocales...).

Là, cela étant, aucune plage n'est vraiment faible et au final on a droit à sa petite lampée réconfortante d'une mixture que l'on connaît bien et qui fait toujours son petit effet. Le problème en fait avec Down, c'est qu'on ne peut pas avoir ce statut pratiquement mythique sans générer des attentes parfois démesurées. On a envie de retrouver la puissance de feu immédiate d'un Over the under, de se faire enfumer copieusement par un Down II, d'avoir ce sentiment fort et monumental face au morceau d'histoire musicale que fut Nola. The purple EP n'est clairement pas à ce niveau et l'on peut déjà s'attendre à ce que les autres ne le soient pas non plus. La fine équipe n'a plus rien à prouver et ne peut pas éternellement relever le défi de la postérité dans chacune de ses sorties. Mais on peut déjà parier que sur l'ensemble de ces 4 sorties, chacun y trouvera son comptant, se fera sa petite compile perso pour finalement convenir que Down est juste un groupe comme les autres, ni plus ni moins, certes mais qui envoie encore du gros (et on ne parle pas ici de Papa Kirk dont la reconversion en père Noël devient de plus en plus flagrante...).