Pour être tout à fait honnête, je ne m'attendais pas à grand-chose en écoutant le nouvel album de Disturbed. Mais voilà, le groupe est présent depuis près de 25 ans lui aussi (The sickness est sorti en 2000), n'a presque pas connu de coupures (quelques années vers 2010) ou de changement (un bassiste) et j'ai beaucoup écouté son premier album aux débuts du W-Fenec alors, rien que pour la nostalgie que cela peut procurer, écoutons ensemble Divisive.
On passe rapidement sur la pochette (très moche), car une belle présentation n'est clairement pas le point fort des Américains (seul The sickness avait un truc) pour se plonger dans "Hey you" et la cure de jouvence que représente ce morceau tant il est proche de ce que faisait le groupe à ses débuts. Du groove, un peu de puissance (moins qu'en 2000 car les producteurs ont depuis longtemps lissé leur son, ici c'est Drew Fulk, un spécialiste du metal FM puisqu'il a aussi bossé avec Pop Evil, Bad Wolves ou Papa Roach) et un vrai coup de jeune tant ce titre aurait pu se faufiler entre "Stupify" et "Down with the sickness". Moins percutant mais bien plus chantant, il ne faut pas longtemps avant de reprendre en chœur les refrains de "Bad man" (Oh bad man, what's the reason why ... ), "Divisive" (They will never deny / Their divisive / Hatred will never go away ... ) ou "Unstoppable" (Hear me now / It's unavoidable ...). La machine à tubes tourne à plein régime avec de délicats breaks, une rythmique qui ne fait pas semblant et une voix toujours aussi enchanteresse. Je suis complètement dedans, ça m'apprendra à ne pas prendre garde à un vieux briscard ! Pour autant, l'album connaît un coup de mou en son cœur avec "Love to hate" qui manque de relief, "Feeding the fire" dénué d'énergie et ce "Don't tell me" où Ann Wilson (chanteuse de Heart) partage le chant et vampirise le titre pour en faire un hymne heavy-rock fadasse. Le combo est de retour dans la partie avec les gros riffs de "Take back your life", "Part of me" et "Won't back down", ça matraque, on retrouve la hargne et les gimmicks favoris de David Draiman et la volonté de casser quelques hanches pas encore en plastique.
Alors, peut-être que je suis indulgent parce que je me suis beaucoup replongé dans ce que j'écoutais à la fin des années 90' au début de l'aventure W-Fenec mais il se trouve que ce Divisive sonne plutôt bien, peut-être n'est-il pas en phase avec son époque et qu'il aurait dû sortir à la place de Believe mais toujours est-il que je prends toujours beaucoup de plaisir à headbanger et chantonner avec Disturbed en 2023...
Publié dans le Mag #54

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