Quand il s'agit de s'envoyer du metalcore bourrin, ultra-produit et outrageusement vindicatif, The Devil Wears Prada reste quand même une des valeurs sûres de la scène nord-américaine, deux ou trois crans (d'arrêt) au dessus des groupes de la sphère Solid State Records (August Burns Red, Becoming the Archetype, Demon Hunter, The Overseer, Underoath... Ok non pas Underoath). La preuve avec l'imparable Dead throne (2011) qui n'avait strictement rien pour révolutionner le genre mais l'exploitait alors goulûment. Ce, avec une efficacité des plus redoutables. Un CD/DVD live plus tard (Dead and alive) et voici que TDWP remet le couvert avec un 8:18 au titre non expliqué et qui dès l'inaugural "Gloom", fait déjà parler la poudre.
Pas de surprise particulière (ça reste du metalcore), c'est du calibré pour faire mâl(e), concasser les amplis et servir du prêt à dévorer déjà prémâché. Mais drôlement bien troussé et solidement produit (normal jusque-là, soit). Un charisme vocal bien présent, un petit côté qui lorgne vers le hardcore punk qui dépouille, une grosse machinerie métallique qui se met en branle sans forcer, bref, ça envoie sec et ça fait du bien par où ça passe. Ni plus ni moins. Et si le groupe souffre d'un petit coup de moins bien sur le morceau suivant ("Rumors"), il enchaîne plutôt bien en passant en mode moissonneuse-batteuse métal sur le méchamment burné "First sight". Et en fera de même sur le bien nommé "Martyrs". A priori, là, TDWP reste un groupe de studio qui ne fera pas de gros dégâts en live alors que sur CD, ça passe plutôt pas mal dès qu'on pousse le volume.
Mais assez étrangement, c'est quand on pense le groupe lancé vers les cimes du genre qu'il semble retomber dans une certaine retenue (un "War" moins guerrier qu'attendu même si ce n'est pas non plus pour les enfants) avant de remettre furieusement les gaz, tout en hargne et mélodie abrasive contenue pour un résultat régulièrement très honorable sinon mieux ("8:18"). Un mélange de brutalité et de légèreté que l'on ne retrouve pas vraiment sur "Sailor's prayer", éloge de la virilité metalcore dans ce qu'elle a de plus primal, avec en bonus un refrain taillé pour le live. Efficace, on l'a dit même si parfois un brin pompier dans le côté blockbuster démonstratif. On a bien compris que The Devil Wears Prada était "bankable" ("Care more", "Black & blue") quitte à oublier de se renouveler.
Et si la fin de l'album réserve quelques moments de bravoure ("Transgress") voire de démolition bien pensée ("Number eleven", "Home for grave"...), on ne peut s'empêcher de penser que ce 8:18 manque de ce petit supplément d'âme, d'une légère prise de risques accrue qui aurait pu le ranger parmi les meilleurs albums du genre. Par contre, ça reste rudement bien outillé de bout en bout et ça, c'est déjà pas mal vu ce qu'on leur demande.
Métal >
The Devil Wears Prada : Chronique LP
8:18
The Devil Wears Prada
LP : 8:18
Label : Roadrunner
Date de sortie : 17/09/2013
LP : 8:18
Label : Roadrunner
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Date de sortie : 17/09/2013
Gloom
Rumors
First Sight
War
8:18
Sailor's Prayer
Care More
Martyrs
Black & Blue
Transgress
Number Eleven
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Rumors
First Sight
War
8:18
Sailor's Prayer
Care More
Martyrs
Black & Blue
Transgress
Number Eleven
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