Devil Sold His Soul - Empire of light Les britanniques de Devil Sold His Soul sont de retour avec un Empire Of Light qui se révèle majestueux. Plus aérien encore que ses prédécesseurs, ce nouvel album respire bien, mais peut-être trop justement. Heureusement Ed Gibbs continue de hurler à tout va. Sans faute, il nous délivre toujours avec rage son chant screamo, mais de plus en plus proprement, alors qu'au loin s'éloigne la référence immédiate à Envy ou Cult of Luna. Moins brouillon, il s'élève au dessus du classique hurlement bestial pour nous faire planer à 10 000 piedl, sans malmenage excessif cette fois. Oui, dès le premier morceau, "No remorse, no regrets", la fureur d'antan semble plus modérée et les compositions plus transcendantales que jamais.

Il faut dire qu'avec Empire Of Light, le groupe s'éloigne des rivages torturés pour embrasser une philosophie plus positive. Au niveau des paroles, on parle de volonté et de persévérance face à des situations difficiles. Tout rejoint l'idée de se relever après avoir été mis par terre, de continuer à avancer. Avec "A new legacy" ou "It rains down", Devil Sold His Soul dépasse le simple cadre du screamo progressif. Beaucoup de chant clair, un surplus de chœurs, des airs de post-rock qui se déploient ("The waves and the seas"), voici la nouvelle recette des anglais, mais heureusement le groupe sait (la plupart du temps) quand relancer les hostilités. L'expérimental et l'innovation c'est bien les gars, ai-je envie de leur dire, mais tâchez de ne pas trop vous éloigner de votre muse originelle, la rage de la composition sombre et brutale qui me fait tant aimer le groupe toulousain Battle of Britain Memorial. Niveau qualité de son, la prod' est de son côté impeccable et le mixage assuré par un as du milieu "hard" : Alan Douches (Converge, Mastodon, Dillinger Escape Plan...).

Quand on écoute DSHS, on s'attend davantage à prendre une claque réveil matin, or on en vient à apprécier la douceur de "Salvation lies within" et le chant léger du préposé au micro, quitte à ce que cela rapproche dangeureusement le groupe à des références du mouvement post-rock comme Explosions In The Sky ou encore Sigur Rós... Doit-on vraiment tout ça à l'humeur optimiste du groupe ? Espérons qu'ils puissent être heureux et féroces à la fois, car l'ancien DSHS me manque quelque part, même si des morceaux comme "Time of pressure", "Crusader", ou encore "End of days" (qui achève l'album) me rappellent toutefois la saveur la plus viscérale et intense du groupe.