metal Métal > Deliverance

Biographie > Délivrance

Apparu comme une récréation pour Pierre (chanteur de Memories of a Dead Man) et Etienne (batteur chez AqME mais ici guitariste), Deliverance a pas mal changé depuis son premier EP en 2013 (Doomsday, please), ils ont embarqué un autre guitariste (Julien, AqME), un nouveau basssiste (Sacha, Mystery Tattoo Club) et un nouveau batteur (Fred, ex-Abrahma). Ils ont également signé chez Deadlight Entertainment où leur noirceur est en bonne compagnie (Cowards, Nesseria, Cult of occult...).

Interview : Deliverance, Alors Etienne : Karras ou Deliverance ? (juin 2020)

Deliverance / Chronique LP > Holocaust 26:1-46

Deliverance - Holocaust 26:1-46 Deliverance est repassé à quatre pour nous livrer un psaume sacrificiel encore plus sombre que leur précédent opus, si les références religieuses sont toujours présentes, la noirceur occupe désormais toute l'image et le titre renvoie dans l'inconscient collectif plus à un génocide qu'un rituel et la numérotation amène à un chapitre du Lévitique sur les malédictions. Tout un programme qui en plus s'inscrit dans le passage de vie à trépas de Deadlight Entertainment, la danse provoquée par Deliverance est donc plutôt macabre...

Et si les religions sont au centre des débats, la musique n'en est toujours pas très catholique avec un chant venu du black metal et des parties instrumentales qui donnent dans le sludge ou le post-hardcore, le pape ne va certainement pas encourager les réflexions théologiques avec cet opus. Pourtant un petit "God in furs" permet de lancer sa journée sur un bon rythme, avec une grosse dynamique et un clin d'œil à Gojira quand le chant s'éclaircit et passe à l'arrière-plan derrière un filtre. La deuxième partie du morceau est bien plus déliée et on se demande pourquoi le titre n'a pas été scindé en deux, on peut se poser la question plusieurs fois car les plages sont assez longues (rien en dessous de 7 minutes) et changent parfois d'orientation en cours de route ("Makbenach"). A l'inverse, on pourrait aussi imaginer le combo ne créer qu'une seule piste tant les compositions s'enchaînent avec fluidité, la granulosité du son et le chant de Pierre assurant une liaison évidente entre tous. Et c'est quand ils ont tendance tous à se calmer et à laisser poindre quelques sons clairs que j'apprécie encore plus leurs contre-pieds au black, "Holocaust for the oblate" (les oblats sont ceux qui donnent tout à une congrégation et la servent sans officiellement rentrer dans les ordres), c'est d'ailleurs pour cela qu'Holocaust 26:1-46 est le meilleur album de black metal de l'année, n'en déplaise aux puristes...

Deliverance / Chronique LP > Chrst

Deliverance - Chrst On connaissait le goût pour les musiques extrêmes d'Etienne et Julien (qui avaient commis Grÿmt il y a une dizaine d'années) et le goût de tous pour Cult of Luna (travailler avec Magnus Lindberg est presque devenu un impératif), quand toutes ses aspirations se croisent, cela donne Deliverance : une sorte de Post-HardCore au chant Black Metal. Un mélange d'autant plus intéressant que le chant caverneux est parfaitement tenu et s'accorde aussi bien dans les moments de calme (tout relatif) où la tension monte que dans les passages les plus chaotiques. Avec des titres qui s'allongent tous au moins à proximité des sept minutes, les ambiances ont le temps d'être peaufinées, rythmes et riffs se font leur place, s'installent et préparent la suite pour que l'apocalypse attendue soit parfaite. On peut ainsi plonger dans Chrst et y rester sans jamais décrocher, compact, dense et homogène, l'album ne souffre d'aucune faiblesse en respectant les canons du genre.

Bref, si tu apprécies te labourer les oreilles avec AmenRa, Phantom Winter, Celeste, The Canyon Observer ou d'autres, ajoute Deliverance à ta liste de supplices !