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Biographie > Daughters of Anarchy

Originaire de Providence dans l'état de Rhode Island, USA soit comme The Empire Shall Fall avec lequel il ne partage... que la provenance géographique, Daughters est un quartet mathcore/noise/grindcore américain qui fait ses premiers pas en 2001. Un premier effort éponyme voit le jour dès 2002 au format 7'' avant que le groupe n'enchaîne rapidement avec un EP Canada songs (paru en 2003 chez Robotic Empire) et un Live From CBGB's sorti l'année suivante. Véritable machine de guerre live (sur CD ou vinyle, c'est également bien violent), Daughters est alors repéré par Hydrahead Industries (Cave In, Pelican, Jesu, Torche, Zozobra), via lequel sort en 2006 l'album Hell songs. Un véritable hold-up noise/mathcore/grindcore métallique que le groupe réédite en 2010 avec un nouvel opus long-format, éponyme, qui scelle pourtant son avenir, Daughters annonçant le départ de plusieurs de ses membres et son refus de tourner en support de l'album, laissant son destin dans l'expectative.

Interview : Daughters, Daughters en questions (fév. 2019)

Daughters / Chronique LP > You won't get what you want

Daughters - You won't get what you want Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la noirceur et ses degrés de profondeur et de nuances, le sale et sombre nouvel album de Daughters va vous l'apprendre à coups de décibels dans la face. You won't get what you want est le fruit de la renaissance d'un groupe dont personne n'aurait parié sur leur reformation il y a de cela cinq ans. On a bien fait d'attendre visiblement, d'autant plus que l'objet en question a été, d'après son guitariste, difficile à accoucher, car en plus d'être nourri de doutes sur le processus de création, ses membres étaient surtout compliqués à réunir car éparpillés aux quatre coins des States. Dans le même temps (et heureusement), l'idée de refaire cette bouillabaisse de "mathcore grind punk" à la Dillinger Escape Plan n'était pas dans leurs plans, au contraire, la formation a redessiné les contours de leur musique et ce nouvel album en est la plus belle preuve. "Tu n'auras pas ce que tu veux", le message est clair.

Le disque est inauguré par un "City song" étrange, entre bourdonnements et cris de douleur, de colère et d'euphorie, le chanteur Alexis S.F. Marshall geint comme pour annoncer en partie l'univers et la couleur de l'album. "Long road, no turns" joue la carte du tourbillon sonore, un maelstrom dirigé par une voix parlée, scandée voire hurlée qui tiendra de fil rouge dans cette œuvre "punk as fuck". "Satan in the wait" calme un tantinet les ardeurs avec une rythmique cyclique noisy, un peu comme l'aurait fait volontiers un Jessica93 sans le côté malsain, pour ouvrir par intermittence le champ de la mélodie par le biais d'un clavier. "The flammable man" et "The lords song" portent la caution brutale de ce disque et renouent avec les velléités hardcore du combo, rappelant le style de certains titres du précédent disque éponyme. Les fans de la première heure aimeront sans aucun doute, en revanche, il n'est pas dit qu'ils adhèrent à l'OVNI du disque, "Less sex". Ce dernier, d'une beauté magique et céleste, dans l'état d'esprit d'un Suicide en mode Nine Inch Nails, s'offre comme l'exemple absolu de la respiration parfaite en milieu d'œuvre et de la base de la transformation d'un groupe en plein renouveau. Le rythme bossa-nova de "Daughter" n'est pas vraiment là pour nous faire danser mais plutôt pour nous engloutir dans son marasme émotionnel, tout comme le yo-yo de tensions qu'est "Ocean song" avec son côté math-rock en plus. Daughters sait aussi pondre des tubes comme "The reason they hate me", direct, simple, et efficace, comme peuvent le faire les Queens Of The Stone Age dans un atout autre style.

You won't get what you want se termine par "Guest house", histoire d'achever définitivement le débat. Une pièce chaotique pleine de maîtrise, à l'image d'un album dont l'aspect cinématographique revendiqué est à peine décelable mais qui délivre ses atouts au fur et à mesure de son écoute. Une pièce maîtresse dans la discographie des Daughters, dans laquelle le travail des ambiances est proportionnel au ralentissement de son tempo. Intense, fou et complètement indispensable.

Daughters / Chronique LP > Mag #36

couv mag 36 : daughters couv mag 36 : daughters Sombre, violent, révolté, voilà un Mag #36 sacrément burné avec donc Daughters en figure de proue mais également en interviews Pogo Car Crash Control, Black Bomb A, Shuffle, Lenine Renaud, et Palem Candillier. Côté articles, tu as nos traditionnels MAOTFA (désolé) mais aussi notre avis longuement détaillé sur les dernières productions de (par exemples) Ølten, L'Esprit Du Clan, Smashing Pumpkins, Les Tambours du Bronx, Dog Eat Dog, Porn, DaYtona, The Young Gods, Volbeat, The Frights ou Thrice. Il y a aussi presque 50 chroniques "En bref" dans ce numéro, impossible de lister tous les groupes ici mais tu feras certainement de belles découvertes ou tu trouveras des confirmations (The Breath, Black Box Revelation, Adrian Vandenberg's Moonkings, The Limiñanas, Killbody Tuning, Forest In Blood, Cadillac, Except One, Almost Human, Quentin Sauvé, Architects, Cortez, Tantrum, P.O.D., It It Anita, No Vale Nada, No Money Kids...). Pour finir, on partage quelques souvenirs de concerts puisqu'on a vu pas mal de monde ces dernières semaines comme No One Is Innocent, Mass Hysteria, Tagada Jones, Ultra Vomit, Unswabbed, Coilguns... Alors ? Prêt à attaquer cette centaine de pages ? Et n'hésite pas à faire tourner si ça te plaît, même si on n'a rien à y gagner.

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Daughters / Chronique LP > Daughters

Daughters Alors là, autant le dire tout de suite, va falloir éloigner les enfants et faire sortir les tympans sensibles, parce ce qu'il va y avoir du vilain. Daughters déboule en force et n'est pas là pour faire des prisonniers. "La terra trema" version blitzkrieg hardcore. Mathcore deluxe, 28 minutes de pur chaos sonore, cadencé à coups de rythmiques supersoniques et de riffs totalement déments : "This is War" (rien à voir avec l'abominable album des 30 Seconds to Mars) ! L'épreuve de force, l'affrontement ultime, un véritable brûlot métallique martelé de quelques plans complètement hallucinants, dompté par une production juste implacable et un groove, certes déviant, mais littéralement addictif. Des plans coupés à la scie sauteuse, un vocaliste qui en fait des tonnes et des torrents de riffs empilés à la va vite... avec une virtuosité bluffante. Punk, hardcore, math-metal, ça joue (très) vite, ça joue (très) fort et ça retombe systématiquement tout pile sur sa cible. On appelle ça une frappe chirurgicale. Quoiqu'il tente, le groupe réussit tout, jusqu'à en dégoûter les critiques qui auraient bien voulu balancer un peu sur cette énième sortie Hydrahead. Mais les Daughters anticipent et ripostent disproportionnellement du tac au tac : "The virgin", le monstrueux "The first supper", "The hit", les zikos cognent, encaissent, percutent et atomisent l'adversité avec une efficacité écoeurante. Basse phénoménale, hystérie massive, dissonances diaboliques... que du très lourd, une sorte de Converge meets Unsane meets Botch meets Dillinger Escape Plan, mais puissance 10. Une bombe qu'on vous dit. Parce qu'à ce niveau de maîtrise, là c'est n'importe quoi. Sérieusement, comment passer derrière un "The theatre goer" sans être ridicule ? Arriver après "Our queens (One is many, many are one)" sans passer pour un peintre. Pas besoin de chroniquer la suite, ce Daughters est la tuerie de l'année. Irascibles vos voisins ? Une petite dose de Daughters matin, midi et soir après chaque repas et vous retrouvez la paix fissa. Corrosifs et dévastateurs, qu'on se le dise, là où les Daughters passent... l'herbe ne repousse pas.