Daughters Alors là, autant le dire tout de suite, va falloir éloigner les enfants et faire sortir les tympans sensibles, parce ce qu'il va y avoir du vilain. Daughters déboule en force et n'est pas là pour faire des prisonniers. "La terra trema" version blitzkrieg hardcore. Mathcore deluxe, 28 minutes de pur chaos sonore, cadencé à coups de rythmiques supersoniques et de riffs totalement déments : "This is War" (rien à voir avec l'abominable album des 30 Seconds to Mars) ! L'épreuve de force, l'affrontement ultime, un véritable brûlot métallique martelé de quelques plans complètement hallucinants, dompté par une production juste implacable et un groove, certes déviant, mais littéralement addictif. Des plans coupés à la scie sauteuse, un vocaliste qui en fait des tonnes et des torrents de riffs empilés à la va vite... avec une virtuosité bluffante. Punk, hardcore, math-metal, ça joue (très) vite, ça joue (très) fort et ça retombe systématiquement tout pile sur sa cible. On appelle ça une frappe chirurgicale. Quoiqu'il tente, le groupe réussit tout, jusqu'à en dégoûter les critiques qui auraient bien voulu balancer un peu sur cette énième sortie Hydrahead. Mais les Daughters anticipent et ripostent disproportionnellement du tac au tac : "The virgin", le monstrueux "The first supper", "The hit", les zikos cognent, encaissent, percutent et atomisent l'adversité avec une efficacité écoeurante. Basse phénoménale, hystérie massive, dissonances diaboliques... que du très lourd, une sorte de Converge meets Unsane meets Botch meets Dillinger Escape Plan, mais puissance 10. Une bombe qu'on vous dit. Parce qu'à ce niveau de maîtrise, là c'est n'importe quoi. Sérieusement, comment passer derrière un "The theatre goer" sans être ridicule ? Arriver après "Our queens (One is many, many are one)" sans passer pour un peintre. Pas besoin de chroniquer la suite, ce Daughters est la tuerie de l'année. Irascibles vos voisins ? Une petite dose de Daughters matin, midi et soir après chaque repas et vous retrouvez la paix fissa. Corrosifs et dévastateurs, qu'on se le dise, là où les Daughters passent... l'herbe ne repousse pas.