Voici le sixième opus des Français de Darkenhöld. Le black metal mélodique de la formation niçoise explore le Moyen Âge, son mysticisme et sa noirceur. On ne peut rêver mieux dans le genre. On est tous allés visiter des ruines des forteresses de cette période de l'histoire, nous imaginant moult aventures épiques faites de combat, de romance et de sorcellerie. On est dans du black lourd sans excès avec une batterie percutante et des riffs criants et envoûtants, le tout accompagné du chant en français de Cervantes qui nous conte les compositions d'Aldebaran (Guillaume Vrac). Nous voyageons durant tout l'album au milieu des chevaliers et des mystères de la nature du Moyen Âge. La musique de Darkenhöld réussit à merveille à marier le black parfois old school et les troubadours. Nous festoyons avec le groupe, nous explorons, nous nous avançons avec prudence dans l'atmosphère à la fois noire et épique des chemins tracés dans ce passé mystique. On suit la vouivre dans son antre, cette créature légendaire ayant généralement la forme d'un dragon bipède ou d'un serpent ailé est l'animal totem des Niçois, avec une voix parlée présente sur de nombreux titres.
Darkenhöld s'impose ici de manière définitive comme les maîtres incontestés du black metal mélo épique. La production et l'artwork sont comme souvent chez LADLO irréprochable. L'équilibre de l'ensemble est d'une rare finesse avec des riffs claquants, une batterie lancinante et une basse profonde, le tout enveloppé dans un chant crié qui alterne avec harmonie par des passages clairs et des ambiances mélodiques folkloriques qui nous transportent sans mal dans ce passé hérétique et mystique. Il n'y a plus qu'à reprendre la lecture d'Yvain le chevalier au lion et on sera totalement converti au black metal si singulier de Darkenhöld.
Publié dans le Mag #66


