Danishmendt : L'homme est un animal qui a trahi ... et l'histoire est son verdict Citant tout aussi bien Neurosis que Fugazi, Boris que Crowbar ou encore Tantrum, Neil Young et Shora faisant partie de leurs influences, on serait presque en droit de se demander où Danishmendt veut diriger ses pas. On peut avoir la même impression en découvrant la pochette (aux faux airs de Don't disturb the beast), ayant un titre se terminant par des points de suspension. Mais au dos de l'étui, "... et l'histoire est son verdict." s'invite à la tablée et fait savoir que le quintet a les idées bien en place. Confirmation faite à l'écoute du maxi que les gaillards ne bafouillent pas !
Imaginez des morceaux dont la charge émotionnelle est celle de Boris, avec des sous-bassements rock à la Fugazi, la crasse de Crowbar, des infiltrations noise que Tantrum injecte si habilement, le tout s'installant entre 6 et 8 minutes, comme sait le faire fréquemment Neurosis. Voilà de quoi recycler quelques références du groupe et vous dire que Danishmendt, c'est un peu tout cela à la fois mais aussi de gros apports personnels et de belles capacités d'adaptation, comme en témoigne la quatrième piste dont on reparlera plus bas...
En attendant, les trois compos originales du groupe offrent la place à une grosse marge de manoeuvre. La batterie grouillante de "Unbearable contradiction" ou les passages étincelants de ce même morceau, les guitares oxydées semées sur chaque titre, le chant envoûtant ou plus libéré de Mathieu, la basse quasi-écoeurante ("Le néant comme matériau") ou les contrastes clairs/obscurs souvent persuasifs sont autant d'éléments prouvant la mainmise de Danishmendt sur son "crushy-noise core". Et les coups d'accélérateur de "Shelter" sont là pour nous rappeler que le groupe peut accompagner son écriture d'une dimension rock indéniable.
Toute aussi inattendue (et réussie !) que le passage à la moulinette de "Petit agité" par Prototype, la dernière piste de cet EP est une reprise de "Biking", morceau culte des regrettés Thugs. A première vue, l'assemblage peut surprendre mais Danishmendt combine plutôt bien son identité à celle des mythiques Angevins. Ce morceau, devenu véritable crossover rock/noise-core entre les instruments de Danishmendt, garde toujours la même vigueur initiée par ses auteurs, il y a de ça une bonne dizaine d'années.
Bref, tout comme leurs cousins (pas si éloignés que cela) Hollow Corp., Danishmendt se place en haut du panier de la catégorie "Espoirs 2007/2008". Pour patienter, le groupe nous laisse être la proie de ce maxi et lui, le prédateur qui n'attend qu'à accroître le nombre de ses victimes.