Dagoba : Release the Fury "Rush". Précipitations, palpitations. Tout de suite en guise de prologue des samples à la Fear Factory très discrets nous prennent à la gorge puis le titre part en crescendo sur des breaks de batterie sur-vitaminés là où commence un cri ultra puissant sorti de loin, de vraiment très loin. En trois mots: une intro fracassante. De façon générale le groupe charge son style d'atmosphères brutales, sèches où les chants clairs ne font qu'ajouter une touche glauque. En fond une frappe implacable, qui ne nous laisse jamais sur notre faim. Les samples donnent le ton sur chaque compo, le métal est violent, subtile et piège l'oreille, l'habituant aux chemins qu'empruntent le groupe : lorsque les tempos des guitares semblent se relâcher il faut s'attendre à un nouvel excès de férocité surtout au niveau de la voix et de sa teinte noire, profonde, rappelant peut être celle de Phil Anselmo (Pantera) pour ce qui tient des parties brutales et de Robb Flyn (Machine Head) pour ce qui concerne les chants clairs. "Agression comes back to you" sans pour autant nous faire fuir, en fond sonore des sirènes de police et un bruit de douille qui se vide mais c'est à la voix de Shawter qu'on reste fidèle : "Everybody jumps in the area "c'est bien évidemment ce qu'on a envie de faire !
Mais Dagoba soigne l'image aussi bien que le son et joue sur le visuel avec en concert des vêtements-concepts style "army" colorés et faits sur mesure, le tout contrastant ainsi avec la magnifique -et dénudée- Natasha rien que pour le plaisir des yeux. N'est ce pas messieurs ? Et puisqu'on s'attarde sur le thème "la femme dans Dagoba" prêtez une oreille toute particulière à "Something stronger". Une envolée sauvage vers un domaine qu'on ne contrôle pas, comme dans un cauchemar, on se laisse surprendre par la force qui prédomine, contrastant avec la beauté de la voix féminine qui l'accompagne. Le tout s'alternant avec des passages musicaux plus saccadés, répétitifs, en cercles vicieux. Et pour couronner-le tout, une petite gâterie à 4 mns et 38 secondes : un cri long, redoutable, qui vous débouche les oreilles et les sens pendant bien 15 secondes (et sans effet s'il vous plait). "It's time to go for us you've lost yourselves my friends, so follow us", Sans problèmes ! Le titre "Time 2 go" semble moins chargé par la voix et laisse donc la part belle aux instruments, dont la batterie de Franky et sa double pédale omniprésente qui nous fustige agréablement les oreilles. Signal sonore à nouveau, une bombe à retardement sur le dernier titre, une intro symboliquement Dagobienne qui pourrait bien servir de conclusion. La voix se clarifie, plus mélodieuse sur ce titre et bien secondée par la double, mais personnellement je préfère quand ça gueule bien fort ! Vociférations stridentes des guitares sur une fin à fleur de peau, on en ressort dépouillé.
Que dire de plus ? Lorsqu'on parle de scène métal en France il faudrait avoir cette scène là à l'esprit, et peut-être moins les "frenchies" qui ratent leur copié-collé mais ceux qui arrivent à concilier leurs influences et le style -peut être plus classique- qu'ils auront choisi. Entre un son métal "ricain" réussi et une grosse présence en tant que groupe Dagoba oscille entre la violence à l'état pur et l'intime besoin de s'évader. Décidément Marseille recèle bien des surprises !