cross_damage_silence_of_decay.jpg Qui a dit que les normands ne savaient pas répondre aux questions de façon tranchée ? Car Silence Of Decay est un gros "oui", une ouverture sans concession au mélange lourd et torturé du hardcore et du metal. "Cerebral crushing" est à l'image de ce plongeon dans cet univers, une intro tout en contre-temps, un riff gras à souhait, autant d'arguments qui mettent les choses au point : ce EP sera lourd, puissant et violent. Le growl d'Alex (chant) est à la hauteur, un exercice pas forcément facile vu l'exigence du style. C'est sans compromis que "Last chance" prend la suite, où viennent se rencontrer groove rock'n'roll sur le couplet et riff destructeur notamment sur l'intro. Les premières envolées mélodiques apparaissent, montrant encore un autre visage à cet EP décidément riche en surprises. Le niveau d'interprétation est toujours élevé, servi par une production plus que correcte, même si la batterie apparaît un peu en retrait dans le mix. Le down tempo est mis de côté pour un "Nervous time" tout en puissance, où le côté mélodique des guitares est mis en avant, notamment sur le refrain. Le reste, c'est du rapide, de l'efficacité à l'état pur. L'originalité des riffs n'est pas ce qui est à rechercher sur ce titre, la puissance du combo se suffit à elle même. "Never agreed", avant-dernière escale, est une ode au headbang, avis aux amateurs. Le mélodique y prend une place plus importante, tout en maîtrise, avant que des rythmes syncopés raccrochent les wagons. "Only words remains" est le titre un peu à part de cet EP, entre nostalgie et riffs hypnotiques. Le chant clair d'Alex montre ici quelques faiblesses, mais on lui pardonne volontiers vu sa présence sur le reste des titres.
5 titres, un EP, et un possible espoir du hardcore français. Pourtant la rage électrique du combo normand souffre du carcan du CD : Silence Of Decay est un EP destiné pleinement au live, et la scène révèlera sans doute toute l'intensité de cette première production.