V/A "We Fucked Up Our Lives : A Tribute To Tantrum" Compilation Pour des raisons un peu "obscures", cette compilation "tribute" à Tantrum - pas l'abomination électro indus gothopouffe à deux balles, mais le groupe montpelliérain de noise hardcore chaotique plutôt très culte - aura mis pas moins de quatre années à sortir. Même qu'on commençait sérieusement à se demander si elle verrait un jour... le jour. Pour autant, à la simple lecture du casting convié à ce tribute, on peut frémir : Cortez, Crankset, Geneva, HKY, Membrane, Sofy Major, We Are the Romans!, ce We fucked up our lives a blindé l'affiche au rayon "et vas-y que j'envoie du lourd carboniser tes enceintes tout en restant indé, hard(c)ore et intègre quoiqu'il advienne". Bon, certes les premiers rôles vont largement éclipser certains seconds couteaux (dont deux/trois très décevants) mais pour le reste, c'est carton. Seize titres, autant d'hommages et une épitaphe deluxe pour un groupe qui, ce tribute en atteste, aura donc marqué quantité de formations alternative hexagonales.

Premier à entrer en lice, Brume Retina livre un "3 alternatives" tout en guitares vénéneuses qui serpentent en remontant le long de la colonne vertébrale de l'auditeur avant que le génial mais trop tôt disparu groupe suisse Cortez (remember l'implacable Initial) n'ensevelisse l'auditeur sous des torrents de riffs post-mathcore qui démantibulerait plus d'une connexion neuronale, avant de passer la première en fonçant dans le tas en monde hardcore noise de l'enfer. Bref, à la suisse quoi pour quelques cinq minutes et quelques d'une grosse baffe en quatre lettres : "Wide" ; et de quoi rentrer un peu plus dans son sujet pour mieux laisser la place ensuite au très culte Cransket. Même cause, mêmes effets = même punition avec un "The remix that bursts it to you" qui porte tout déjà dans son titre... abrasif et oppressant à souhait, dense et aussi massif qu'inventif, au W-Fenec on appelle ça une tuerie. Une main de fer dans un gant d'adamantium. Diabolique, au même titre que les contributions des toujours très bons bien que trop méconnus Do You Compute ("Under a happy influence") et des implacables HKY et leur tellurique "Dead end" qui viennent alors poser l'évidence : il faut absolument compter avec ces mecs-là, ici, ou ailleurs.

Une évidence "léthale" signée des impayables Geneva, histoire de faire oublier la prestation, bien trop linéaire des Every Reason To... (qui se sont rattrapés depuis avec un album plus qu'honorable soit dit en passant) et voici la doublette Josh qui délivre son habituel mais toujours efficace cocktail hardcore noise sur "Mental rape" // Membrane qui livre ici une relecture de l'oeuvre de Tantrum en mode... Membrane pur jus : ça racle sur le sol, ça rampe dans tous les sens et ça s'empare du cortex de telle sorte que l'auditeur ne puisse jamais s'échapper. Par contre Parween, on a plutôt envie d'y échapper, notamment depuis l'infâme Traité pour une nouvelle croyance de l'événement, et pourtant, si ce n'est certainement pas le meilleur morceau entendu sur ce tribute-album, le résultat passe à peu près. En tous cas déjà plus que Quartier Rouge qui semble avoir enregistré "Backward" dans une cave d'Europe de l'Est avec un chanteur à côté de ses pompes. A oublier très vite..., ce que l'on fait du reste extrêmement rapidement puisque c'est alors que se présentent les charcutiers de Pord, les samourais noise-coreux Sofy Major et les terroristes de Stuntman. Que du très lourd, de l'animal et du sur-saturé qui en met plein les écoutilles avant que The Dawn (pénible) et surtout les très bons We Are The Romans ne sifflent la fin de la récré. Y en a qui peuvent dormir sur leurs deux oreilles, leur héritage est entre de bonnes mains.

A écouter de toute urgence : Cortez, Crankset, HKY, Geneva, Membrane, Pord, Sofy Major, Stuntman...