Converge - The Dusk In Us Le choix du titre d'un album n'est jamais anodin, quand c'est aussi le titre d'une des plages de l'opus, ça indique combien le groupe identifie son disque audit morceau. Ici The dusk in us se présente comme un album brillant (avant même de l'avoir écouté) grâce au travail sublime de Jacob Bannon (le chanteur) sur l'artwork et le livret, c'est vraiment la méga classe. "The dusk in us" est aussi une composition au coeur de l'opus (en sixième position), la plus longue (plus du double de la durée moyenne d'une plage) et certainement la plus surprenante pour du Converge. Pas forcément représentative de leur oeuvre en général, elle indique clairement la direction prise par le combo sur ce neuvième effort.

Guitare claire, batterie ultra discrète (premières frappes après 3 minutes avec l'enfonçage de pédale de disto), chant limpide, "The dusk in us" offre une ambiance dépouillée, très construite, une atmosphère chaleureuse où le style Converge n'apparaît que brièvement à la fin. Complètement à part, si le morceau sert à nommer l'opus, c'est que le groupe y tient et assume totalement sa décision d'être plus "abordable". Là où tout n'était que chaos et destruction thermonucléaire, on trouve désormais des mélodies, des structures et un chemin qui mène quelque part ("Trigger", "Thousands of miles between us"), même si on navigue toujours entre mélancolie et désolation. Pour autant les titres "doux" sont encore des exceptions, les amateurs du Converge expéditif qui envoie des parpaings dans la tronche avec un chant éraillé et qui mixe l'urgence grind-punk à la violence hard-core seront comblés par "Arkhipov calm", "Wildlife", "Broken by light" ou "Cannibals" qui ne font pas que rassurer les fans de la première heure car ils permettent également de donner plus d'ampleur à l'évolution, présente au milieu de ce bouillonnement, elle présente la capacité d'un groupe hors norme à se réinventer, à oser, à bousculer son petit confort pour se confronter à la nouveauté et à une nouvelle forme de créativité.

Et si The dusk in us était le début d'un nouveau cycle pour Converge ? Si le groupe abandonnait une partie de sa rage explosive pour la convertir en une force plus contrôlée ? Peut-être que le temps d'une Noise furieuse, abrasive et torturée est venu.