Capricorns : ruder forms survive Il est des groupes qui tabassent sévèrement, qui remueraient même mémé à la messe, mais qui sont bizarrement assez peu reconnus, sauf d'un petit cercle d'initiés. Les londoniens de Capricorns font sans doute partie de ceux-là. Quatuor dépareillé mais sur la brèche, quatuor un peu fauché aussi, quelques petites pédales d'effets biens usées mais également fort bien usitées, Capricorns se cale sur un secteur sectaire souvent synome de sévère ennui, où les allitérations sonores sont fort malheuresement monnaie courante. Là où certains groupes sonnent de façon désespérante comme un groupe de musique sans chanteur, un spectre instrumental creux, à aucun moment Capricorns ne laisse un vide sentimental. Que les quelques hurlements vaguement articulés de l'album Ruder forms survive ne fassent pas illusion, toute l'inventivité de Capricorns se devouent à faire chanter ses guitares. Là où le groupe se donne corps et âme, c'est en live, pas de doute, là où les masques tombent, c'est bien sur scène.
Ruder forms survive est une perle noire assez atypique. "1977: Blood for papa" est un hymne en lui-même, un titre remarquable même au mythique Crowbar. Rythmique lourde, mélodiques étouffantes, quand Capricorns fait sa cuisine sonore, oubliez la levure ou le bicarbonate, c'est sablé et cookie version triple-chocolat. "1969: a predator among us" fait couler lentement sa mélodie suave et ronde en bouche, petit claquement de cordes, hypnotise les foules et fait honneur à la fée électricité. Il serait tentant de se laisser aller à une vivisection de Capricorns, dont les vibrations se propagent avec avidité, notamment l'antologique "1066: Born on the Bayeux" et son phazer orgasmique. Ruder forms survive reste assez sombre et obscur, mais brille par son amalgame sonore.