metal Métal > The Canyon Observer

The Canyon Observer / Chronique LP > Nøll

The Canyon Observer - Noll The Canyon Observer double la mise ! Avec deux fois plus de titres mais pas deux fois plus de temps, les Slovènes ont travaillé un album complet et pas une succession de longues plages, certains morceaux servent à joindre des pistes (comment passer de "Mirrors" à "Entities" où les sons et les ambiances sont assez différentes ?) ou à se défouler ("Fracture"). En gardant sa ligne de conduite "post hard core extrême" le combo s'offre des expérimentations dans les sonorités à la limite du sludge voire du drone ("Neon ooze"), explose les saturations, place des samples et des larsens intrigants et se permet même de nous mettre mal à l'aise avec des parties claires et dépouillées ("Abstract" qui se transforme évidemment en brûlot black metal par la suite). Le quintet repousse ses frontières et organise son apocalypse sans sourciller parce qu'après une trentaine de minutes dans leur monde en lambeaux, le coup de grâce est porté, "Circulation" ne répond à aucune architecture classique (ou alors à un truc post-rock) et comme nos oreilles, on est déchiré entre la relative douceur des nappes et les écorchures qui se forment sur notre épiderme. The Canyon Observer chamboule l'ordre établi pour instaurer un chaos qui paraît par moment salvateur. Dingue.

The Canyon Observer / Chronique LP > Fvck

The Canyon Observer - fvck La Slovénie nous envoie régulièrement des petites pépites (Elodea, Inmate...), histoire qu'on évite de penser qu'elle n'existe musicalement qu'à travers l'Eurovision (et encore). 2016, c'est l'année de The Canyon Observer, un quintet formé en 2011 et qui délivre un premier album à la croisée du post hardcore et du black metal, comprendre des plages instrumentales lumineuses qui croisent le fer avec des passages ultra ténébreux et gutturaux. En 4 titres mais une trentaine de minutes haletantes, le combo impose ses idées dans un univers qui n'est pas sans rappeler ceux d'Omega Massif ou AmenRa. Loin des schémas classiques, quelques touches progressives (le chant de "Lost in silence") proches du chamanisme s'ajoutent au tableau pour le complexifier davantage et nous rendre encore plus dépendant de ce qu'ils amènent ensuite (même si pour cet exemple, les hurlements sont moins réussis). Quand The Canyon Observer décide de tout exploser et de faire pleuvoir les coups (la dantesque intro de "All of her, mine"), mieux vaut se planquer car ça envoie dans tous les sens. Et l'accalmie qui suit n'a pour but que de nous faire baisser les défenses avant de nous achever. Magistral.