brume retina : agresse gueule Avec Brume Retina on n'est pas trompé sur la marchandise ! Rien qu'avec le titre, les choses sont claires : Agresse gueule, sans virgule, on sait donc où vont attaquer les ex-Gameness : ils visent la tête ! Et même peut-être les yeux, un des rares trucs aisément identifiables d'une pochette chaotique en noir et blanc où se mêlent photos et dessins étant un oeil inquiétant, une fois l'artwork principal passé, le groupe laisse un dernier indice : des traces de sang dégoulinant dans un bac de douche... Si après tout ça, tu viens pleurer parce que t'as pris une ribambelle de torgnoles dans la tronche (14 exactement), il faut te poser des questions sur ton sens de la déduction !
"Un temps de merde", titre évocateur et assez pertinent car oui, il pleut alors qu'on est à quelques jours de l'été... Un riff qui tourne dans la cave et montre l'ennui, une boucle de 2 notes qui encerclent un déluge de texte et de matraquage de futs, un exercice de style qui place la tension au plus haut en moins de 2 minutes et lance Agresse gueule sur les meilleurs rails possibles, la suite étant une succession ininterrompue de brûlots screamo hardcore où les temps morts se comptent sur les doigts de la main (merci pour le couple "On est arrivé si loin..."/"Karabines d'indiens" et les quelques passages de "L'écorce des os"). Ici, la brume, c'est le son écorché des grattes sourdes et notre rétine a bien du mal à discerner les textes et les constructions tant tout est envoyé avec une pression hallucinante... Dés qu'un instrument différent (et plus aigü) apparaît, notre pupille auditive se délecte et s'ouvre en grand pour profiter de ces petits instants (l'harmonica de "L'apprêt et l'après"), idem quand le chant s'efface et que le son clair d'une guitare vient nous cajoler ("On est arrivé si loin...") alors que l'instant d'avant, ces mêmes cordes venaient nous taillader et qu'en un coup de pédale, la douce plume redevient un bistouri effilé et le chant reprend son rôle de hachoir électrique ("Acquisitions de moulins à vent", "Arrondir les angles" -c'est cela oui-).
A réserver aux amateurs de sensations fortes, la nouvelle galette de Brume Retina vaut son pesant de cacahuètes et de pralines, si t'es un petit peu masochiste, fais-toi plaisir...