botch_we_are_the_romans.jpg Même pas deux ans après le choc frontal que constitua à l'époque la sortie d'American nervoso, Botch récidive avec We are the Romans... ou plutôt fait encore mieux. Repoussant les limites du genre qu'il a lui-même fixé, le quartet américain pose une nouvelle mine sur la scène hardcore/mathcore, dont les deux maîtres incontestés étaient alors Converge d'un côté et Dillinger Escape Plan de l'autre. Véritable brûlot monu-métal new-school et chaotique, ce deuxième album peut se résumer à deux petits mots : sans concession. Dès "To our friends in the great white north", le ton est donné, le concentré de violence pure qui entoure We are the Romans ne va plus nous lâcher. Un peu plus tortueux et labyrinthique que son prédecesseur, toujours aussi écorché vif que deux ans auparavant, Botch balance ses riffs incandescents avec la même énergie du désespoir, des lignes de gratte furieusement dopées par la batterie schizophrénique de Tim Latona ("Mondrian was a liar").
Toujours cette folie mêlée à une puissance de feu démentielle ("Man the ramparts"), mais après un premier essai qui lui a permis de se faire (brillamment) la main, le quartet semble vouloir faire un peu plus en terme d'intensité émotionnelle. "Swimming the Channel Vs. Driving the Chunnel" est à ce titre complètement marge. Sorte d'interlude long-format, d'ambient post-rock minimaliste, voilà un morceau qui marque une véritable rupture au coeur de l'album... mais qui n'empêchera pas pour autant Botch de relancer la machine comme à l'ordinaire ("C.Thomas Howell as the "Soul man""). En calcinant un peu plus nos enceintes, qui n'en finissent décidément plus de subir un traitement de choc, avec des effluves post-hardcore à la Isis ou Neurosis, le quartet californien impose un peu plus son style. On pense également au Cave in des débuts, mais ce sont-là avant tout des groupes que Botch a en grande partie inspiré. Comme victime du phénomène de combustion spontanée, "Saint Matthew returns to the womb" puis "Frequency ass bandit" saturent nos conduits auditifs de saturation éléctrique et de dissonances angoissantes. Véritable choc thermo-sismique, We are the Romans est un disque de mathcore brillant et de hardcore grandiose, une oeuvre rare mais difficilemment dispensable qui a eu cette année l'honneur d'une double réédition (avec American nervoso. Le tout dans des éditions deluxe et remasterisées signées HydraHead Industries qui font honneur à l'héritage d'un groupe à la force de frappe incomparable et que l'on aimerait revoir au moins sur scène...