Blockheads - This world is dead "Grindcore j'adore" disait un énième bichon spécialisé dans la daube frenchy vaguement populaire au sein des milieux branchés... euh, à moins que ce soit autre chose, bref, là n'est pas la question. Toujours est-il que les cultissimes Blockheads sont de retour avec un nouvel album sorti chez Relapse, LE poids lourd du gros hard qui tâche mais pas que (Baroness, Coalesce, Don Caballero, Fuck the Facts, Mumakil, Pig Destroyer...). Une sorte de consécration dans le milieu après deux grosses décennies d'équarrissage sonore et autres joyeusetés brutales et surtout un come-back attendu sept ans après Shapes of misery sorti chez feu-Overcome Records.

The world is dead donc, bon, c'est simple : tu imagines un gang-bang entre le top 5 de l'UFC (Ultimate Fight Championship pour les geeks) et Zahia l'exploratrice? Ben là c'est pareil, avec des morceaux et tout. En clair, les frenchies ne sont toujours pas devenus des tendres et butinent Zahia l'abeille comme de vrais hommes. Et non pas des mecs qui se trimballent sur des pelouses en short, les cheveux gominés et la tronche de traviole. Passons encore. Parce qu'on pourrait s'attendre (et on l'aurait compris) à ce que le poids des années les ait fait s'assagir, mais tu penses..., il n'en est rien et c'est avec une grosse décharge de quelques 25 titres que le groupe vient carboniser les enceintes. Du grindcore primal, de la violence séminale, de la brutalité pure érigée au rang d'art véritable, Blockheads expédie les sacoches métalliques dans ta petite lucarne et le fait avec une implacable efficacité. Bienvenue dans le Fight Club, tu vas déguster.

On part de "Deindividualized" et on arrive à "Trail of the dead" un peu comme on peut, d'un point de vue sensoriel s'entend, mais après s'être fait sauvagement essorer les conduits auditifs et tartiner les neurones façon destroyer. Les articulations en pièces détachées, les cervicales hachées menues et le reste, pas vraiment dans un meilleur état, Blockheads arrache tout sur son passage et piétine consciencieusement l'auditeur pour lui montrer qui est le patron. Un déluge de mitraille expédié à une vitesse folle, des titres qui font rarement plus de deux minutes et qui pourtant ont largement le temps de nous concasser les tympans, des beuglements par camions entiers, du grind, du crust, du hardcore, du punk... tout y passe. En bref, cet album, c'est le parfait manuel du métalleux pas (mais alors vraiment pas) content et qui a décidé, après vingt ans de carrière de poser ses c... sur les amplis et facturer l'album de grind ultime.

Tout ça pour dire qu'on ne sait toujours pas si effectivement The world is dead ou pas (apparemment non puisque les Mayas se sont gaufrés), mais par contre, on a sacrément mal aux cheveux.