blacklisted_heavier_than_heaven_lonelier_than_god.jpg Blacklisted : ou comment s'envoyer une grosse dizaine de titres dans les écoutilles (onze en fait), en un peu moins de 20 minutes, sans taper dans le grindcore des familles. Hardcore punk jusqu'au bout des riffs, le cinq majeur donne dans le gros son qui défouraille bien comme il faut et, de l'acariâtre "Stations" à l'intense "Wish", en passant par l'épileptique "Touch test" ou au hargneux "I am weighing me down". On l'a compris, les natifs de Philadelphie ne sont pas chez Deathwish Inc. (Converge, Pulling Teeth, Trap Them et quelques autres donc les cultissimes Starkweather) pour rien.

Rugueux et dur sur l'homme, le groupe joue vite, frappe fort et précis, les morceaux s'enchaînent à la vitesse grand V et sans la moindre respiration. "Always", "Memory Layne", "Circuit Breaker" tamponnent dans le casque et Blacklisted ne se fait pas prier lorsqu'il s'agit d'en rajouter une couche et de multiplier les uppercuts bien vicieux. Mais à côté de la déferlante proposée, le groupe sait aussi calmer le jeu pour mieux préparer le terrain à ses prochains assauts et ne pas se contenter de n'être "qu'un" un vulgaire rouleau-compresseur métallique avec quelques plans rock'n'roll bien fuselés. Bon certes, c'est aussi ça et ça s'entend tout au long de ce Heavier than heaven, lonelier than God, mais pas que.

Là encore, les américains savent varier les plaisirs, comme lorsqu'il s'agit de lester de plomb leurs riffs pour donner plus de poids à la masse sonore qu'ils vont de toutes les façons invariablement finir par nous balancer en pleine gueule. Preuve en est la punition hardcore qu'est "Matrimony", une grosse dérouillée punk écorchée vive et salement violente que les Blacklisted ne se gênent pas pour nous expédier façon sport dans les gencives. "Self explosive" creuse un peu plus ce sillon émotionnel en nous mettant les nerfs à vif et surtout en condition avant que la doublette "Burning monk"/"Canonized" ne vienne faire, une dernière fois, sauter les enceintes. Tout ça en un peu moins de vingt minutes et d'une grosse fournée de titres bien percutants, livrés dans un élégant digisleeve à l'artwork plutôt bien classe. Du travail plus que bien fait donc. On approuve.