Black Breath - Heavy Breathing Heavy breathing... déjà le titre annonciateur d'une sacrée tartine métallique bien goutue. Ensuite l'artwork franchement laid, branché black metal dépressif et poussiéreux qui ne présage rien de bon (et pourtant). Enfin une signature, chez Southern Lord (Black Cobra, Eagle Twin, Goatesnake, Om, Khanate, Pelican, bref que du lourd...), là normalement ça calme. Logiquement, le premier album de Black Breath ne peut décemment pas être mauvais, très certainement bien bruyant, au moins aussi efficace qu'un double Aspro 500 un lendemain de biture. Hell Yeah !

"Black sin (Spit on the cross)", "Eat the witch" puis "Escape from death" déboulent comme des furieux sur la platine et le groupe en met joyeusement plein partout sur les enceintes. Là, après trois titres, on comprend que le double Aspro 500, ça va être pour se remettre de la raclée que va nous infliger le gang de Seattle. Une musique apparemment biberonnée à la testostérone et au sludge/punk/hardcore qui castagne qui sied parfaitement à ces nouveaux spécialiste ès pilonnage auditif. On l'a compris, Black Breath, ça gueule. En fait, Black Breath, ça gueule même beaucoup. Ou plutôt ça ne fait "que" gueuler. Mais c'est efficace. Oui aussi. Surtout quand les hurlements rageurs du préposés au micro viennent brutalement s'accoupler à quelques wagons de riffs massifs et une section rythmique qui nettoie tout sur son passage. Forcément, le rejeton ne peut être que coriace à tanner.

Faut dire dans le genre, Heavy breathing est un album plus que costaud. Mention spéciale au monstrueux "I am beyond", climax bestial sur lequel les enragés de la côte Est affirment un peu plus leur propension à fracasser tout ce qui leur passe entre les riffs. Car quand il s'agit d'aller vite, droit dans leurs bottes et d'être expéditif, les gaziers ne font pas dans la dentelle, expédiant des parpaings punk metal à la face de l'auditeur en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ("Virus", "Children of the horn"), avec un petit côté "Converge meets Entombed" plutôt cool. Des torrents de riffs barbares en cascade(s), des accélérations fulgurantes sublimées par la production cinglante de Kurt Ballou (tiens Converge, oh bah tiens aussi Blacklisted, Torche ou Buried Inside, bref le boss quoi...), les Américains font le métier et ferraillent leurs instruments comme personne. En quand il n'y en a plus, il y en a encore ("Fallen", "Wewhocannotbenamed") avec un aboyeur en chef qui n'y va pas de main morte quand il s'agit de corriger son auditoire. Mais jouer vite c'est bien, ralentir le tempo pour exécuter encore mieux sa sentence, c'est pas mal aussi. Coup de bol, Black Breath sait faire les deux et le prouve avec des titres du (très gros) calibre de "Unholy virgin" ou de l'éponyme "Heavy breathing". Enorme donc... Bienvenue en enfer.