Black Bomb A - 21 years of pure madness 21 ans déjà, que le temps passe vite, surtout pour nous qui étions déjà là aux débuts du groupe... Comment imaginer au moment de découvrir une première prod' que le groupe va t'accompagner durant plus de 20 ans ? Parce qu'on ne peut pas écouter et aller à des concerts de métal sans vivre en partie avec Black Bomb Ä qui s'est imposé comme l'un des fers de lance de la scène française. Toujours dans les bons coups (de Sriracha à Verycords), passés par à peu près toutes les salles de concerts et festivals possibles, qu'on les adore ou pas, les BBA sont là et on connaît tous quelques uns de leurs titres (au moins "Police stopped da way" et "Mary" !). Histoire de fêter dignement leur anniversaire, la troupe et leurs potes (on y reviendra) est venu s'installer deux soirs de suite à Mulhouse (au Noumatrouff) en novembre 2015 pour donner des concerts, faire la fête et accessoirement enregistrer le tout pour créer ce joli DVD intitulé 21 years of pure madness.

Le digipak comprend un mini poster avec au dos une collection de photos souvenirs où le groupe démontre tout son sens du sérieux, un CD live qui reprend les 17 titres de Black Bomb Ä et un gros DVD. Non pas qu'il ne rentre pas dans ton lecteur, mais il est juste blindé de trucs ! À commencer par, bien sûr, les 17 morceaux signés BBA joués ces soirs-là, soit tu te les enfiles cash, soit tu choisis de reposer quelque peu tes oreilles tous les 3-4 morceaux (à la louche) avec des petites images backstage, les sentiments des lascars (mais aussi des petits mots de Djag, Etienne ou Shaun), les ultimes répétitions des reprises... Oui, parce que la version DVD du live comprend 5 titres "bonus", 5 covers de morceaux cultes ("Roots" de Sepultura, le slow suédois "Out of hand" d'Entombed, "War inside my head" des Suicidal Tendencies, "We're only gonna die" de Bad Religion et "Beat the bastards" de The Exploited), 5 reprises où sont invités des anciens membres du combo et des potes issus de Lofofora, Tagada Jones ou Loudblast qui passaient dans le coin histoire de préchauffer le public également... La scène devient un bal d'enragés où chacun met son talent au service du collectif. Bonus encore avec 5 clips réalisés par le groupe (dont la cover géniale de Midnight Oil et "No one noise" en unplugged), le live de "Mary" lors du Hellfest 2012 et un documentaire (d'où sont extraites les images qui peuvent entrecouper le live) avec des interventions qui ne nous rajeunissent pas (n'est-ce pas Reuno?) des Lofofora et de Stef de Loudblast qui partagent quelques souvenirs, de vieilles images de studio, de tatouage, de barbecue, de trompette, de duvet, de pogo...

Le cœur de ce réacteur en fusion, c'est le "live act", le show, le concert, la sauvagerie musicale scénique et sa captation digne des plus grands concerts ! Images impeccables, son monstrueux, techniquement, c'est du très lourd, en témoignent la multiplicité des caméras qui nous font vivre l'évènement devant, derrière, au-dessus, dans le public, sur chacun des membres du groupe, bref, depuis partout, j'ai presque envie de dire "mieux que si on y était"... On est partout, on ne rate pas une miette, même pas cette demoiselle qui se loupe au moment de retourner dans la fosse... mais c'est un détail au même titre que les gros pétards qui introduisent "Police stopped da way" et son wall of death dantesque. Pour ce qui est du menu du soir, il est assez équilibré car si le début des hostilités fait la part belle au dernier album en date (Comfortable hate avec le titre éponyme mais aussi "On fire", "The point of no return", "Tears of hate", "Land of bastards"), on revient également aux sources avec "Born to die", issu du premier EP Straight in the vein (enrichi d'un "Joyeux anniversaire" chanté par le public) puis en fin de show avec "Law's phobia". Entre temps, on aura un peu de tout avec un peu moins de One sound bite to react ("Lady lazy") et de Enemies of the state ("Come on down") parce qu'il n'est pas possible de tout jouer... From Chaos a le droit à deux morceaux ("To reactivate", "Tales from the old school") comme Human bomb ("Make your choice" en plus du hit "Police stopped da way") alors que Speech of freedom a conservé une grosse côte avec "Double", "Look at the pain", "Mary" (évidemment et en version familiale) et même "Fine talkers". Pour l'ambiance et la gouaille des loustics, tu sais à quoi ça ressemble car tu as déjà vu les Black Bomb A en live et si, aussi étrange que cela puisse paraître, tu ne connais pas, ce serait pas mal de mater ce DVD avant de prendre une énorme claque en live...