black bomb a : straight in the vein Des bruits de récréation, de rires, et hop, on saute dans la mélasse, un métal bien énervé, entre hardcore et punk, une voix qui crie, clâme haut et fort, "Born to die", l'énervement se mêle à la râge. La caisse claire cogne tant qu'elle peut. Passage étouffé, même la basse est saturée, pas de demi mesure chez Black Bomb A. Gros riff, limite Seattle dans l'enchainement mais ça reste du métal bien speed. -Rebel people is born to die-. Imaginez, des petits carnivores en train de claquer des dents et de chanter pour se remplir le gosier, syncopée, l'intro met mal à l'aise, et cultive son attirance pour le décalé, "Judge". Cette fois, la voix cherche plus du côté des basses profondes, c'est le jugement dernier à l'oeuvre, une rangée de jurés prêt à en découdre avec le métal. Les riffs ont un groove bien lourd, bien gras, la voix s'emballe sur un hip-hop saturé pendant quelques mesures. Le refrain s'envole sur la mélodie, plombé d'un côté, allégée de l'autre. C'est tous les ingrédients de Black Bomb A, qui se retrouvent ici, avec son harcèlement assez efficace, grâce à ses deux chanteurs. Même si le thème est banal, et éculé, -War, Walking on the fucking system-, Black Bomb A démontre encore son savoir-faire pour allier la plomberie et les riffs simplissimes, le tout édenté, corrodé par des chants ravageurs. On se retouve entre la Famille Adams pour le gothique, et Beetlejuice pour la folie, loin de se contenter de voix plates sans originalités, un certain souci est apporté sur l'originalité et la recherche des parties chantées. "Hostile infection", où la batterie martèle allègrement le refrain, une double pédale aidant. Que dire des parties aigus, introspectives, légères, du chant ? Surtout quand elles se retrouve plombées, martelées, entrainées, enchainées, enrolées, attirées par un balancement binaire basse-guitare-batterie, la noire ne décolle pas d'un pouce, et la voix se meurt doucement dans son cri final. Une basse qui s'énerve, qui s'emporte, s'excitant allègrement, prête à suicider ses cordes, "Shot" s'emporte sur une symphonie death, c'est la comtesse de l'Enfer qui s'invite dans le combo, -Live with this Hate-, le refrain bascule, change le tempo, le balancement, la rythmique, entrainant tout l'ouvrage avec lui, et la voix fait preuve d'une impressionnante tessiture. Dani de Cradle à un concurrent ! Attention, c'est du concentré, avant le passage plus calme... Mais, après le calme, la tempête, -Take a gun, push the trigger, Take a gun, shot the fucker-, les paroles ne sont pas d'une originalité effarante, mais la musique les rattrape bien. Allez, montez le son, c'est les voisins qui vont pas être content. Une intro, a capella, toute gentille... et puis le reste de Black Bomb A se joint à cet élan de joie, résultat : un beau barrage de son. Les deux voix sur un pied d'égalité, guitare et basse à l'unisson, "Law's phobia". Black Bomb A, une belle fusion entre death, hardcore, métal, aux compositions qui ne s'enlisent pas dans les clichés.