Birds in Row - You, me & the violence Il est là. Ce cas si particulier de Birds in Row, seul groupe frenchy à avoir signé chez la référence de la mouvance hardcore/punk (mais pas que) qu'est Deathwish Inc. (Converge, Rise And Fall, Touché Amoré...) sans même avoir encore sorti d'album. Là, c'est chose faite avec You, me and the violence. Tel un mantra, un dogme, une règle fondamentale offrant l'entrée dans son free-fight club sonore, il est ce que Birds in Row a toujours été depuis ses débuts, soit un disque de guérilleros, un manifeste du genre doublé de réelles qualités d'écriture et d'un énorme travail sur les ambiances, décharnées et étouffantes. Pour un résultat à l'efficacité redoutable.

Toi, moi et la violence : une explication sans concession, une équipée sauvage et d'entrée de jeu un "Pilori" qui cloue l'auditeur sur l'enceinte. 2 minutes 26 secondes d'une décharge sonore à la fluidité sidérante, une poussée de fièvre hardcore rythmée à l'épilepsie punk revendicatrice, un titre offrant un climax ardent en son milieu et des structures bien moins évidentes qu'attendu, organiques mais incisives, tranchantes et aussi définitives qu'annonciatrices d'une suite qui va mettre tout le monde à ses pieds. Surtout que propulsée sur son "Pilori", elle rebondit sans coup férir sur un "There is only one chair in this room" au groove étourdissant et à la fougue incandescente. Une harangue, un appel au soulèvement de l'esprit autant porté par un désespoir brûlant qu'une rage contaminatrice.

Les titres s'enchaînent à une cadence supersonique et les Birds in Row s'expliquent, démontrant par le menu le bien fondé du choix de Deathwish Inc. de les avoir signés. Entrée toute en fulgurances HxC et cavalcades punk le tout emballé en moins d'une minute chrono ("Cages"), plat principal tout aussi expéditif et ravageur ("Guillotine"), dessert suintant par tous les pores de ses riffs la hargne et la sueur pendant que la musique des Lavallois se gorge de rock sur-tendu comme un string de jouvencelle jusqu'à en faire claquer l'élastique ("Walter Freeman"). Parce qu'en plus, l'autre excellente idée (en sus de pondre un album 5 étoiles.) des frenchies, c'est de ne pas servir une simple offrande hardcore punk de base et de se regarder fièrement le nombril après mais d'aller plus loin, beaucoup plus loin.

Piétinant les cendres encore incandescentes suite au passage des premières rafales, Birds in Row s'offre alors un intermède minimaliste avec "Last last chance", une petite douceur avant de rejouer les brutes sur l'éponyme "You, me and the violence" et d'alterner ensuite les compos aussi fuselées que salvatrices, ("The illusionist" en mode Blast as fuck, "Police & thieves" et ses effluves punk-rock outrageusement jouissives) avec les morceaux moins conventionnels ("Grey hair" littéralement habité, "Cold war everyday" et son groove sulfureux), de manière à maintenir un équilibre artistique idéal, dopé par la production du duo Amaury Sauvé / Sylvain Biguet (As We Draw, Comity...) et d'aboutir à la conclusion de tout cela.... A savoir que Deathwish Inc. a encore eu du flair en signant ces gars-là et que l'avenir du hardcore punk hexagonal passe forcément par Laval. Point barre.