Biocide Biocide Vous étiez très HardCore au départ, aujourd'hui Biocide est méconnaissable par rapport à ce que vous faisiez il y a 4-5 ans, pourquoi avoir garder le même nom ?

Christophe : Au début, on s'est posé la question, on voulait changer de nom, on s'est creusé la tête, on n'a rien trouver de très bien et finalement on a gardé Biocide.
Stéphane : Il y a 3 membres qui restaient de l'époque, plus le fait de ne pas avoir d'idées de nouveau nom et finalement pas vraiment de raison de le faire donc on a gardé Biocide.
C : Et puis c'est une évolution
S : Ouais, c'est ça, il y a une évolution qui était commencée avec les autres musiciens déjà, c'est le même groupe.

Dans vos influences on trouve aussi bien du No one is innocent que du Mr Bungle

S : (rires) c'est vraiment bizarre parce qu'on ne connaît pas du tout No one is innocent
C : A part "La peau", j'ai rien entendu d'eux...

Bah, il faut écouter leur premier album car votre morceau "Utopia Man" est carrément dans l'esprit noone... Donc là, sur scène, il y a des passages en instrumental qui oscillent entre Mr Bungle, Fantômas et le Pink Floyd version Umma Gumma, c'est de l'impro ou c'est très travaillé ?

S : Ca dépend...
C : Un peu des deux, forcément quand il y a des mises en place, il faut les travailler, après on laisse des espaces pour l'impro
S : Par exemple, sur "Gaing baing", notre dernier morceau de la démo, le pasage où ça tombe, c'est un peu codifié mais on fait ce qu'on veut dessus, on s'éclate, c'est de l'impro...

Comment vous faites pour composer comme ça, chez vous à quatre ?

C : Comment dire, bah, l'instrumental ça part sur une idée ou n'importe quoi, un rythme et en général on a bien fumé (rires), on improvise à bloc et des fois on s'enregistre

Biocide Biocide Parce que l'impro on fait des bons trucs et on les oublie la semaine d'aprés...

C : Le truc c'est de travailler les impros souvent
S : Sous fumette, tu es à fond, t'écoutes le truc et tu te dis "oh putain" mais après il faut faire le tri...
C : Des fois, on a des surprises, "wouaw super riff" et quand tu le réécoutes, c'est n'importe quoi, on n'est pas ensemble...

Y'a de quoi faire un bétisier Biocide !

(rires)

C : C'est clair, un truc de fou...

J'ai lu une critique et on vous a étiqueté 'rap-métal' …

S : PFFF, il y a des moments où c'est métal mais il n'y a pas que ça...

C'est ma question... (rires)

C : Donner une étiquette c'est toujours difficile, à un moment donné on nous a demandé c'est quoi votre style ? On a été obligé d'inventer un mot "psyché groove core" pour faciliter le truc, c'est quoi, voilà, c'est ça. Mais si tu te donnes une étiquette, un style particulier, tu t'enfermes

Là, il y a toute la vague "néo-métal" et on vous englobe dedans...

S : Ouais, parce qu'on a un son parfois métal, mais on n'a pas une approche très métal, on n'en écoute pas beaucoup... C'est comme ça

Votre musique est assez "barrée", pas très très simple d'accés, pas du tout dans le style actuel qui marche et là vous tournez avec Enhancer qui fait du rap métal festif, ça s'est fait comment ???

C : Ca s'est fait de manager à manager, on ne sait pas trop... (En fait, ca s'est arrangé entre Pascal de Coriace et Alex de Mad)
S : Ils ont du se capter un peu par hasard et accrocher ensemble, s'envoyer les démos et puis voilà.

Ils m'ont parlé d'un concert de Biocide sur Paris où ils étaient...

S : Ouais, le Glaz'art
C : On a joué à Glaz'Art avec eux pour la sortie de l'album d'Enhancer, ça s'est fait comme ça...

Et ça se passe bien entre fans de l'OM et du PSG ?

(rires)
S : Moi je suis fan du PSG
(rires)
S : Ouais, je suis pour les meilleurs...

Biocide Biocide Il paraît que vous avez refusé tous les matchs de foot qu'ils ont proposé.

C : Oh, les salauds !!!
(rires)

Et ouais, il faut pas passer deuxième pour l'interview...

(rires)
C : Il va falloir le faire ce match...

Là dans la partie il y a aussi Unswabbed, ça fait deux groupes non signés, comment vous êtes accueillis par les salles ?

S : Ca va en général
C : Pour l'instant on a de la chance, les programmateurs nous aiment bien, ça leur plaît bien, il n'y a pas de problèmes

Et le public répond présent ?

C : Et bien le public, surtout dans un cas comme ça où on joue en premier, ils sont vraiment destabilisés, ils viennent pour Enhancer et pour jumper. Nous on installe un climat différent, ça les déroute un peu.
S : C'est ce côté-là qui n'est pas métal en fait, les mecs qui viennent à un concert métal, ils viennent pour se défouler, et nous, c'est plutôt une musique à écouter, et des fois, ça fait un peu bizarre.
C : On ne peut pas trop se lâcher sur notre musique même si t'es complètement dedans.
S : Souvent on joue et puis silence... les premiers concerts on se disait "putain, merde...on a foiré" mais non, les mecs sont à fond, ils t'écoutent
C : Il se passe quelque chose, quelque chose de différent et donc ils sont tous à l'écoute...
S : C'est bien, et ça nous fait plaisir de chercher vers autre chose

Se faire reconnaître au niveau national quand on vient de province, c'est déjà pas facile, quand on est de Marseille, c'est encore pire ?

C : Pire, je ne sais pas... Disons que c'est dur à Marseille, la scène métal, pFFF, y'a très peu de public, y' du public pour les têtes d'affiche américaines genre KoRn machin mais dés qu'il s'agit de groupes régionaux ou nationaux, c'est plus dur.
S : Par contre, à l'extérieur de Marseille, j'ai l'impression que les gens aiment bien, on a la côté...
C : C'est un phénomène je pense ... ça vient peut-être du rap

Marseille, c'est la "planète rap" pour les majors médias, et pourtant le rock y existe quand même

S : Y'a des groupes qui assurent à bloc...

Avec le collectif Coriace...

S : Rien que dans Coriace. Et puis y'a des trucs différents. Eths c'est surpuissant, Tripod n'en parlons pas (rires), c'est la fête, y'a Ed Mudshi c'est partage en couilles...
C : C'est assez ecclectique, c'est un collectif...mais il y a le même état d'esprit

Et ça s'est fait comment ce collectif ?

C : A la base, c'est Musclor, le manager de Tripod qui joue dans un groupe qui s'appelle Argn et ils ont décidé de se réunir. A la base, il y avait Argn, Shockwave qui a disparu entre temps, Argn aussi d'ailleurs... Et nous on est venu se greffer là-dessus, y'a des groupes qui ont splitté, d'autres qui sont arrivés...

C'est assez ouvert alors ?

C : Ouais mais là, il y a un noyau de groupes et on fait tout pour se concentrer sur ceux-là.


Internet, vous voyez ça comment ?

C : Bah, c'est le top. Ca permet de nous présenter, de proposer quelque chose d'un peu différent...
S : Pascal il assure à bloc, le site est vraiment beau
C : Ca permet de faire la promo, de rencontrer des gens, et le tout à moindres frais (rires)

Et là, fin décembre, vous vous offrez une semaine de vancances au Portugal...

S : Des vacances, tu parles (rires)
C : On fait 6 dates d'affilée entre Noël et Nouvel An...

S : Au départ, c'est les Backstab il me semble, ils nous ont branché là-dessus.
C : Après on a envoyé le skeud et ça les a branché

Y'aura une promo sur place ?

Biocide Biocide C : On ne sait pas du tout, c'est l'aventure, on va se faire plaisir.

Y'a que vous de Coriace qui partez là-bas ?

C : Ouais...
S : Je crois que y'a X-Syndicate aussi sur le plan, elles ne sont pas de Coriace, on devait partir ensemble un moment
C : Elles partiront en février/mars je crois. Apparement là-bas, ils sont bien branhés par les groupes français... C'est cool.

Y'a d'autres pays qui vous brancheraient ?

C : Tous !!!

Oui, mais plus spécialement ? Parce que quand on pose la question, personne ne pense à répondre "Portugal"...

S : La Belgique, c'est bien chaud là-bas, le Québec, un peu partout...

Quelque chose à dire aux gens qui liront ça ?

S : En 3 mots ?
(rires)

Plus même...

C : Aller aux concerts !
S : Y'a vraiment des méchants groupes en France, il faut aller les voir, il faut les écouter, il faut les aider, signés ou pas signés, du moment qu'ils peuvent vivre en faisant des concerts...

Même s'ils n'ont pas de CD préssé ?

(rires, Nb le EP de Biocide est 100 % "fait-maison")
C : C'est clair ! Tu te démerdes, tu les presses toi-même, c'est ce qu'on fait, on n'a pas de thunes, on fait ce qu'on peut... Ca fonctionne...
S : Mais si tout le monde bougait, tout le monde allait aux concerts... y'aurait tellement de groupes qui pourraient vivre sans les majors... Et pas que dans le métal, un groupe comme Gus Weg Water Gang, un groupe vers chez nous qui fait du jazz rock, les mecs ne sont pas signés, c'est décevant. Ils ont un potentiel de fou, tu verrais le nombre de gens qui peuvent délirer sur ce genre de musique.
C : C'est le genre de groupe, il faut pas les louper.

C'est le genre de groupe avec lequel vous pourriez jouer ?

C : On a joué avec eux, ça s'est super bien passé.
S : Nous, l'avantage de ne pas être exclusivement métal, c'est qu'on peut jouer dans plusieurs cadres différents, on n'est jamais vraiment à notre place...
C : C'est vrai parcequ'on est entre tout ! Entre le métal, entre le jazz-rock...
S : Vive la musique !

Ca fait 3 mots !!!
(rires)