Les riffs d'intro du premier titre de Sunrise over rigor mortis m'ont téléporté dans un petit garage de Californie au début des années 80, où Kirk Hammett et son jeune groupe de speed metal, Metallica, répèterait le début de "Seek and destroy", mais sept secondes plus tard c'est bien du grindcore qui déboule. Grindcore que Beaten To Death décrit comme mélodique ou avant-garde, et on aurait du mal à le définir autrement tant les influences sont variées. Le chant est hurlé mais également crié, vous saisissez la subtilité ?
B2D car c'est comme cela qu'on abrège Beaten To Death, aime jouer des passages aériens comme sur le titre "Minus och minus biir minus och minus", pour vous décaniller les oreilles avec des passages plus lourds tout de suite après. Dans certains titres, B2D fusionne grindcore classique avec d'improbables mélodies empruntées au heavy metal de Def Leppard comme dans "We're not gonna make it", dont vous aurez compris le clin d'œil à Twisted Sister. En parlant de clin d'œil, on notera celui fait au groupe norvégien Life... But How To Live It ? dans le titre "Life... but how to leave it ?", ou le texte mêlant Rambo, Molière et Jean-Baptiste Lully, qui nous rappelle que B2D sait composer des textes aux accents humoristiques et ça, c'est leur patte !
Évidemment, si on devait donner une image à la musique de cet album ce serait un Grand Huit, tant les passages rapides vous donnent la sensation d'une prise de vitesse inéluctable, et les ralentissements cette lente montée au cliquetis annonciateur d'un futur double looping. On ne manquera pas de passer sous un tunnel n'évoquant pas un train fantôme mais plutôt un univers heroic fantasy, dépeuplé de belles princesses et de valeureux guerriers, mais habité par des animaux aux allures d'humains dans un univers halluciné où même la rivière sous vos pieds est ultra colorée.
Si vous êtes fans de Napalm Death, Knoll, Wormrot, Bratt, ou plus simplement de grind, n'hésitez pas à ajouter Sunrise over rigor mortis à votre discothèque ou votre playlist, ces 18 minutes y trouveront tout à fait leur place.
Publié dans le Mag #62



