Le quatuor Baikal n'est pas exactement composé de perdreaux de l'année. À la manœuvre, on retrouve des membres ou ex-membres d'Uneven Structure, Cult of Occult, Psykup et X-Vision. Des afficionados du gros riff, mais pas que ! Comme le lac du même nom, la musique des Messins est profonde et ses eaux sombres. Leur premier album éponyme navigue entre post-metal et death-black, avec des échappées dans des paysages électroniques brumeux et aériens dont certains passages évoquent même le trip-hop. Des reliefs sonores contrastés que Baikal fait cohabiter à merveille. Le mélange entre passages ultra violents et moments suspendus est déroutant, parfois les deux arrivent même à se chevaucher. Et la petite cerise sur le gâteau, c'est que le groupe n'a pas du tout lésiné sur la production qui rend grâce à leurs belles compositions. La puissance des amplis Sunn ajoute une densité impressionnante aux guitares. Et puis, le tout est magnifié par cette voix claire et mélodique, qui évoque immédiatement celle de Kristoffer Rygg d'Ulver. La ressemblance est tellement frappante qu'il est difficile d'écouter le disque sans penser aux Norvégiens qui, eux aussi, comme par hasard, ont le souci d'amalgamer des univers aux racines différentes comme le rock et l'électronique (pour faire court). Sauf que les Messins ne s'éparpillent pas comme eux, et que les Norvégiens ont déjà fait leur carrière.
Publié dans le Mag #70

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