ASIDEFROMADAY - Chasing shadows ASIDEFROMADAY, fine fleur de la bouillonnante scène bisontine et plus globalement post-metal / hardcore hexagonale, donne enfin une suite à son excellent et déjà bien massif Manufactured landscape. Comme son prédécesseur, c'est par le biais du sémillant Division Records, qui n'en finit plus d'enquiller les sorties de grande classe (Dirge, Kehlvin, Process of Guilt, Unfold rien que pour ces derniers mois), que l'entité franc-comtoise livre sa nouvelle hydre créature musicale. Un disque de post-metal/hardcore/rock/sludge/progressif à l'incandescence sauvage, à la densité plus que palpable et surtout d'une puissance émotionnelle suffocante.

Post-metal, post-hardcore, un peu aérien, souvent tellurique, "Process of static movement" lance les hostilités et kärcherise d'entrée de jeu les enceintes. Hurlements ravageurs, textures instrumentales lorgnant vers un (post)rock que viennent dynamiter des plans hardcore et des développements plus riches que la normale de par leurs structures évolutives, ASIDEFROMADAY refuse de se cloisonner à une seule et unique approche de composition. Le groupe décide de ne pas donner une simple suite au pourtant très recommandable Manufactured landscape pour "avancer" créativement parlant. D'une densité hors-norme, Chasing shadows est ainsi, une fois lancé, une sorte de bulldozer post-rock/hardcore métallique crachant des torrents de lave en fusion ("Death, ruins & corpses"), semant ainsi enfer et désolation sur son passage.

Lourd, magmatique, faisant vibrer le sismographe intérieur de l'auditeur afin de l'ensevelir sous des kilotonnes de riffs charbonneux ("Through the eye of the beholder"), le groupe distille sa rage brute, l'agrémentant de quelques effets de styles bien sentis histoire de la rendre en plus virulente, acerbe, et d'imprimer de fait une dynamique particulièrement soutenue, afin de rendre l'ensemble tout aussi inaltérable que charnu ("Black sun"). ASIDEFROMADAY sonne paradoxalement très rock, cela peut sembler curieux mais en fait pas tant que ça, parce qu'on parle d'un rock massif à la lourdeur post-métallique incommensurable dont la puissance déflagratrice titanesque évoque tour à tour Breach, Neurosis ou Old Man Gloom. Surtout lorsqu'il s'agit de tout lâcher sur un "Endless prophecy" dévastateur et quasi apocalyptique pour préparer le terrain puis laisser la place à un cathartique épilogue éponyme évoquant quant à lui ce que sera une hybridation des genres mélangeant Botch, Russian Circles et Zozobra. Classe.

Et quand le silence revient, enveloppant les ruines encore fumantes d'un champ de bataille ayant servi de théâtre à un affrontement de décibels déchainant les éléments, on ne peut se dire qu'une seule chose : à savoir que comme à son habitude, ASIDEFROMADAY a frappé très fort. En-core.