Artsonic : Hacktivist Artsonic n'a pas beaucoup changé musicalement mais l'image du groupe va évoluer avec cet album, rien que la très belle pochette en dit long : d'un blanc assez neutre on passe au rouge, d'une bombe accidentée on passe aux camarades soviétiques, d'une typo classique on passe à un alphabet plutôt cyrillique, de la passivité d'une Fashion victim on passe à l'Hacktivist. Bref, Artsonic passe à l'action, à la revendication, sans que l'album ne tombe dans la propagande politique ou dans le RageAgainstTheMachinisme, il joue avec l'imagerie communiste et dénonce les excés du capitalisme. Ces appels à l'action sont scandés ("Revolution action") et un clin d'oeil à un titre de l'album précédent, "(Re)edukhate the masses" montre que ces idées ne sont pas si nouvelles que ça pour Artso. Mais l'opus n'est qu'en partie "engagé", la plupart des titres sont même bien plus personnels et traitent de relations et de sentiments. C'est certainement pour cela que dans la continuité de Fashion victim une certaine douceur émane d'Hacktivist, sous des allures un peu dures, le CD regorge de mélodies ("Flowing"), de troublants passages acoustiques et franco-anglais ("Angels") et de passages plus rock qui flirtent avec Filter ("Believe in God"). Enfin, Artsonic reste un groupe de métal et si le mix et la prod adoucissent un peu les angles sur quelques riffs, le tout, grâce notament à la batterie, garde bien la pêche, seul le titre "Change" est plus que poussif et ne bénéficie pas d'accords et de rythmes très riches ou variés comme le partiellement planant "The trip" ou le nerveux "Killing's safe" (dont les quelques paroles en français ne sont pas du meilleur effet et contrastent avec le discours de Bush...).
Pour les plus rapides acheteurs, l'édition double CD offre quelques bonus dont le clip de "Revolution action" où le groupe continue son travail sur l'image, appréciant toujours les effets de lumière et les dorures (cf "Fake"), on a un mix d'images d'activistes mêlées à d'autres du groupe jouant ensemble ou à tour de rôle, le tout ficelé par de très travaillés rais chaleureux.
Dans la même veine musicale que l'album précédent, Artsonic semble radicaliser son discours et son image, change un peu fond sans trop changer la forme, pourquoi cela ? On leur posera la question...