Aro Ora - Wairua Pas évident de savoir comment lire le nom du groupe qui se présente parfois sous la dénomination "AO" et semble très marqué par la culture maori, outre leur nom qui évoque l'univers, leur premier EP s'intitule (2015) Mahara ("La pensée") et ce premier opus Wairua ("L'esprit", rien à avoir avec Pascal encore qu'il ait terminé sa carrière à Tours d'où sont originaires les cinq métalleux amateurs de linguistique et de palindrome). Les textes sont en anglais et traitent de notre condition d'humain sur une terre qu'on malmène et comme musicalement, je ne suis pas certain que la musique folklorique océanienne ait grand-chose à voir avec ce qu'ils nous proposent à savoir un métal résolument moderne qui mêle death et prog, l'attrait vers la culture de Te Fiti s'arrête là. Les autres sources d'inspiration sont plus locales avec au premier plan Gojira (mêmes thèmes, même science du rythme et de l'accroche), c'est parfois un peu trop flagrant (fais écouter "Seducing venom" en blind test à tes potes) mais quand le groupe se sert d'un tel modèle pour réfléchir à son album dans son ensemble, on ne peut que les féliciter de tout aussi bien ficeler (on attaque avec "Inhale", on termine par "Exhale" et on passe par différents moments de récupération...). Même s'ils aiment certainement le titre, l'adjectif "Clone" ne leur va pas puisqu'ils explorent d'autres pistes, n'hésitant pas à élaborer des structures plus prog' agrémentées de choix osées (des parties claires et des variations bienvenues comme sur le superbe "Flight of the red ibis" qui est parfaitement bien imagé sur la pochette). Et pour citer d'autres groupes proches géographiquement comme musicalement, pourquoi ne pas les mettre dans le même panier que Hypno5e, Pitbulls in the Nursery ou Hacride.