All Pigs Must Die - God Is War Avec du Converge ou du The Hope Conspiracy au line-up, on se doutait bien que All Pigs Must Die n'était pas fait pour les faibles. De faire écouter ça aux tympans sensibles tu t'abstiendras, parce qu'à raison, l'inaugural "Death dealer", une fois passé l'intro polie du début, distribue les petites tendresses par palettes entières. Le riff ardent saute à la gorge de l'auditeur, les hurlements rageurs tranchent la carotide et la section rythmique arrose tout histoire de "terminer" le travail. Mais façon Terminator débarqué dans la maison Southern Lord. Car, APMD, c'est un truc qui découpe la cochonnaille un peu définitivement. Que cela soit dit.

Évidemment la distribution de baffes ne s'arrête pas au premier titre et le groupe envoie sévèrement la purée, brutalise les enceintes à coup de "Sacrosanct" à la rythmique expéditive et aux vocalises forcenées. On l'a bien compris, le groupe tranche dans le lard et envoie des frappes de porc contre les amplis. En même temps, qu'attendre d'une telle formation qui propose des titres du genre "Pulverization", "God is war" ou rien moins que "Third world genocide" ? Même s'il s'agit de se la jouer un peu rock'n'roll de temps en temps et démontrer qu'on n'est pas non plus là que pour en mettre plein la gueule de l'assistance (même si parfois... voire souvent....) mais aussi pour claquer quelques plans techniquement au jarret.

Parce que les gaziers sont tous sauf des veaux, l'album se transforme en véritable machine à envoyer des parpaings dans la tuyauterie ("Extinction is ours"), l'impressionnante session de laminage des conduits qu'est le charmant "Sadistic vindicator" venant tout aussi brutalement que le reste de l'album conclure les (d)ébats de cet album assez court mais salement efficace. Un disque... compact, d'une maîtrise aussi folle que son format est ultra-ramassé, une sorte de mix entre Converge, Cursed et Trap Them : un album de tueurs exécuté par des esthètes de la mise à mort auditive (sympa l'artwork sans équivoque) qui ont ici sorti le bazooka crust/hardcore/punk un peu grindeux. Dieu est donc grand mais surtout fatal, lorsqu'il s'agit pour lui de déglinguer ses (in)fidèles.