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Zno est le projet d'un seul homme qui se charge de tout. Pas de compromis à faire sur les choix artistiques mais pas mal de boulot pour tout injecter dans les machines... Née en 2003, l'idée a fait son chemin et a permis la sortie de deux EP, le premier éponyme est dispo en intégralité sur le site, le deuxième sorti en 2005 s'intitule Happiness in love. Aprés de rares apparitions sur des scènes de l'Est de la France (Strasbourg notamment), Zno nous prépare une nouvelle galette...

Zno / Chronique LP > Unleashed : Dirt come from the past

Zno - Unleashed : Dirt come from the past C'est dans les vieux pots qu'ont fait les meilleures confitures, si je ressors ce vieil adage aujourd'hui, c'est pas pour faire un coming out en lien avec la cougarmania mais bel et bien pour amorcer la présentation du nouvel opus de Zno : Unleashed : Dirt come from the past. Le lascar a décidé de relâcher de vieux démons dans la nature, à savoir des titres issus des deux premiers EPs amalgamés à quelques nouveautés qu'elles soient totalement ex-nihilo ou de plus récentes triturations d'oeuvres déjà existantes.

L'album compile 12 titres qui, si tu es familier de l'univers de Zno, ne te surprendront pas par leur noirceur et leur côté dérangeant, mettant mal à l'aise les esprits les plus sereins et étant capables de retourner les estomacs les plus accrochés. L'opus s'ouvre et se referme avec un remix pour la vieille connaissance qu'est Nic-U, les deux titres sont marqués par la voix de Nicolas et le premier ("Inaudible sounds") enregistre la présence de Manouela et a comme un petit goût de Young Gods. Attention, c'est une entrée en matière en douceur, il ne faut surtout pas faire confiance à ce morceau pour tenter de cerner Zno ! Les autres remixes pour MAD ou Lith donnent le ton rien que par leur intitulé ("Bitch" et "Zeroshima"), celui pour Radar Five ("sPacer") est digne de figurer dans la bande son du prochain Saw (un 8 ème épisode serait dans les cartons car même le jus de Saw VII a rapporté son pesant de pop-corn). Bref, si tu aimes les hangars désaffectés, l'ambiance et le son des scies circulaires, tu vas te régaler ! Personnellement, j'ai moins apprécié le ton de "Limbes" qui contraste avec l'excellent riffing de "FakeTWO" qui lui succède...

Un petit coup d'oeil au tracklisting permet de comprendre que la destructuration et les brisures ne concernent pas que l'artwork et les compositions car le binaire s'invite dans les titres ("3Tech" ou "7hrill"), les majuscules se déplacent ("sPacer") ou les noms scorent au scrabble ("Ulkuyk"). Pas forcément facile d'accés (mais quelle sortie de Zno l'est ?), Unleashed : Dirt come from the past permet de décrasser quelques vieilles pièces rouillées, d'empiler des remixes réalisés pour des amis et d'en présenter d'autres, histoire de ne pas gripper les machines...

Zno / Chronique LP > AgressiVSouls

zNo agressiVSouls Zno aime les machines et aime les groupes qui jouent avec les machines. Remixer ses titres et ceux des autres est un jeu et il en va de même pour ses compagnons de jeu. Quoi de plus normal dans ces conditions que de sortir un album de remixes, traficotages, collaborations, triturages et échanges en tout genre ?
AgressiVSouls est donc une compilation à laquelle a participé pas mal de monde, ce qui est assez difficile à croire c'est que les 14 titres vont très bien ensemble, il y a une homogénéité, une ambiance générale, une atmosphère du début à la fin qui fait que cet album de Zno n'est pas un "truc en plus" dans sa discographie, c'est un vrai projet construit, travaillé et fignolé pour qu'il existe et soit écouté comme une oeuvre personnelle. Bidouiller des sons et des rythmes dans tous les sens et au final obtenir quelque chose de cohérent et avec une unité est un tour de passe-passe, je suppose que ce sont des choses qui arrivent mais ce n'est certainement pas du au hasard... AgressiVSouls se vit donc en entier, on a du mal à séparer les interventions des uns et des autres, à moins d'être ultra fan d'Ex_tension, de Code314 ou de Lith (à part un fanatique de l'industriel underground, qui les connaît ?), pas évident de faire la distinction et d'identifier à l'oreille qui a fait quoi. On (re)plonge donc dans l'univers de Zno, allant encore plus loin que sur Happiness in love dans la déconstruction ("Tritech Kirdec remix"), la saturation ("Latch on") et la binarité ("Electrode remixed"). Dans ce maelström de machines, on a quelques temps de repos comme "123 sky" ou "Wto mystical rmx" qui viennent contrebalancer le côté sombre et la force d'AgressiVSouls. La galette donnant plus aisément dans les tortures mécaniques, l'exploration des circuits désintégrés et les roulements rouillés, je la déconseille comme musique de chambre ou comme album à écouter quand on manque un peu d'énergie. Si au contraire, tu aimes te laisser maltraiter par les sons étranges d'usines abandonnées aux robots automates et aux cyborgs, penche toi sur la nouvelle co-production de Zno.

Zno / Chronique EP > Happiness in love

zno : happiness in love En 5 titres et 35 minutes, Zno nous offre un voyage cauchemardesque dans une zone industrielle abandonnée où les machines sont reines. Très bien autoproduit, emballé à la main avec classe (j'adore les pochettes en papier calque), Zno soigne son travail du début à la fin, tu es prêt ? Eteins la lumière, respire et plonge... Cette longue respiration, est-ce la mienne ? Non... c'est celle de "DefyRMX". Un à un, les instrus se mettent en place, basse vibrante dans les graves, tintillements clairs, Je suppose que ce sont des choses qui arrivent, les phrases samplées font mouche, Tout est détruit, l'ambiance est post-apocalyptique mais relativement calme, des cris étranges accompagnent les sursauts du tempo, on est pris d'entrée de jeu dans ce Happiness in love. Les rythmiques se font plus pesantes et sourdes sur "Gliff", elles enferment la mélodie cristalline créant une atmosphère particulièrement tendue que des cris désespérés viennent renforcer. Stressant au possible. "Suprahead" étant plus "dansant" (sic), la tension retombe un peu, le titre est salvateur pour notre esprit et notre corps qui semble enfin se libérer et suivre sans mal la batterie qui va se faire un malin plaisir à nous attaquer de front sur "Hypnosis". Pris dans la spirale, on se laisse emporter par le courant de la foule en émoi. Autre chose ? "Somethingelse" enfonce le vieux clou (de neuf pouces), le clavier apporte de la lumière mais quand il se tait, le silence reste brouillé par le bruit de la peur qui rode...
Les connaisseurs de Sisygambis et 7tone (voire Diaclase ou certains travaux de Front Line Assembly) qui apprécient ce genre se feront un plaisir de découvrir Zno (les titres sont dispos sur le site), les autres peuvent s'y risquer à condition d'être mentalement et physiquement préparé.