The Young Gods - Maroquinerie 2019 Lors de notre dernier entretien fin 2013 à l'époque de la mini tournée de la réédition du premier album, tu me disais que tu ne savais pas trop ce que les Young Gods deviendraient. Plus de cinq ans après, sort un nouvel album. Que s'est-il passé entre les deux périodes ?
Franz (chant, guitare) : Écoute, fin 2013 correspondait à la période où on a réembauché Cesare aux machines pour faire la tournée des deux premiers albums. On a un peu continué cette tournée en 2014 en y incluant des morceaux qui sont sortis après le départ de Cesare, des titres incontournables parus dans les années 90, pour voir s'il était à l'aise avec. À un moment donné, il a décidé qu'il voulait s'y remettre pour de bon, donc on a su qu'il nous fallait du neuf à ce moment-là. On s'est remis à la composition en 2015, année durant laquelle on nous a proposé une résidence dans un festival de jazz, ce qui est assez inhabituel pour nous. C'est un festival off avec plein de caveaux dans lesquels il se passe pas mal de choses expérimentales. Le caveau dans lequel on a pris part est le Hundred Blue Bottle Club, et chaque année ils invitent des artistes plutôt orientés rock, mais des fois jazz un peu barré, à rester pendant deux semaines et se produire sur cinq soirées, trois sets par soir. On s'est dit qu'on allait ramener chacun plein de nouvelles idées, les préparer un peu sans trop que ce soit finalisé, les expérimenter et les enregistrer sur scène chaque soir. On a réécouté ça, on les a analysés à la sortie de cette résidence et c'est donc de ces sessions qu'on a tiré ce qui nous semblait être les meilleures idées que tu retrouves sur le nouvel album. Tout ce processus nous a pris deux ans et demi, car pendant cette période, on a fait une petite aventure brésilienne avec Naçao Zumbi.
Cesare (machines-sampler) : C'était pas une petite aventure, ça nous a quand même pris six mois, si ce n'est plus.
Franz : Voilà, donc en gros, on a mis trois ans pour écrire et réaliser Data mirage tangram.
Bernard (batterie) : Ce qui est très particulier avec cet album, c'est qu'il est né d'improvisations en public. Autant précédemment, ça nous était déjà arrivé de sortir des idées d'improvisations mais là c'était sur scène, donc il fallait que ça donne quelque chose même si rien n'était vraiment arrangé. Cela nous a mis dans une situation inédite, c'était un pari type "ça passe ou ça casse" mais on a essayé, comme ça, quelque chose qu'on avait jamais fait. Le résultat a été suffisamment riche pour qu'on décide d'en faire un album au final, en le retravaillant par la suite.

Data mirage tangram marque le retour de Cesare sur un album. Est-ce que recomposer ensemble n'a pas été difficile ? Cesare, tu as sûrement dû apporter des sons et des idées inhabituelles pour les Youngs Gods ?
Cesare : Je ne sais pas trop. On a fait ces 15 concerts durant cette résidence, et j'ai amené ce que je suis capable de faire, c'est à dire maîtriser un ordinateur et savoir comment l'utiliser dans une jam session en faisant autre chose que de mettre le plugin rhodes et jouer. Je pense avoir su exploiter toutes les possibilités de façon très naturelle, j'ai préparé une idée de comment arriver à cela et nous avons tous improvisé ensemble. Désolé, ma réponse est un peu bateau...
Franz : Bon, ça faisait vingt ans qu'on n'avait pas fait de musique ensemble avec Cesare. En vingt ans, tu évolues, tes goûts musicaux aussi, les styles et la technologie aussi, des fois tu vas aller chercher un peu plus de groove, des choses plus basées sur l'électronique. Bernard aussi, tu as amené beaucoup d'idées.
Bernard : Tout le monde a apporté quelque chose, on a vraiment tous bien bossé !
Franz : Exactement, c'était un gros laboratoire. J'ai repris la guitare, toi t'avais toutes les percussions à gérer, on avait le sampler, etc... Des fois, on avait juste une boucle ou deux, d'autres moments c'était un morceau à moitié fait, et puis on essayait de voir comment arranger tout ça.
Bernard : Ce qui est marrant, c'est qu'avec Cesare il y a eu un saut quantique, entre les deux premiers albums auxquels il a pris part et maintenant. Il n'a pas vécu toute l'évolution du groupe. La dernière fois qu'il était avec les Gods, il avait juste un petit sampler monophonique et aujourd'hui les possibilités sont quasiment infinies. Puis ses goûts ont aussi évolué, ses connaissances ont été approfondies, il avait d'autres envies, et on est partis de là, plutôt que de là où on en était en 1988.

Ce qui est à noter sur ce nouvel album, c'est qu'il est assez downtempo et atmosphérique, voire trip-hop ambient par moments. On a plus ce côté rock-indus avec ces ruptures, mais les guitares sont pas mal mises en avant. Il y avait une ligne artistique définie pour ce disque ?
Franz : La guitare était un choix personnel puisque je trouvais ça difficile d'improviser uniquement avec un micro et son pied pendant plusieurs jours pendant notre résidence. J'avais vraiment envie de parties instrumentales, d'avoir plusieurs possibilités. C'est vrai que sur cet album il y a plus de guitares mais ce sont des guitares jouées, ce qui n'était pas autant le cas dans les albums précédents. On en avait déjà sur Everybody knows, et sur ceux encore d'avant, c'était plus des incursions. Mais là oui, il y a beaucoup de guitare, d'ailleurs je l'ai en main pendant les deux-tiers du nouveau show, ce qui est très inhabituel chez nous. Pour te dire, on a même changé la configuration scénique, je ne suis plus au centre et devant comme avant, on forme désormais un triangle avec Cesare et moi de chaque côté de Bernard, c'est plus logique je trouve.

The Youngs Gods - La Maroquinerie (2019) The Youngs Gods - La Maroquinerie (2019) Il y a pas mal d'années, vous étiez même quatre sur scène avec un guitariste, non ?
Franz : Oui, c'était lors de la tournée d'Everybody knows.
Bernard : Mais Vincent jouait aussi beaucoup de basse, et il faisait des samplers. C'était un multi-instrumentiste.
Franz : Sa présence était logique puisqu'il avait participé à l'enregistrement d' Everybody knows avec nous. D'ailleurs, c'est pour ça qu'on ne joue aucun morceau de cet album parce qu'à trois, on n'y arrive pas.
Bernard : Si, on joue "Tenter le grillage".
Franz : Ah oui, c'est le seul.

Tu me disais il y a quelques années, que ton envie était de mélanger des sources très acoustiques avec des rythmiques électroniques abstraites ? C'est ce qui s'est passé pour Data mirage tangram ?
Franz : Non, ce n'est pas la définition de Data mirage tangram. Disons que c'était ce que j'avais en tête à l'époque au cas où l'aventure Young Gods s'arrête. J'ai fait ça pour des musiques de documentaires, mais quand le groupe a repris, je me suis dit que je garderai ça pour plus tard.

Data mirage tangram fait partie de ces albums pour lesquels les premières écoutes sont étranges, on ne sait pas vraiment si on aime ou pas. Et puis au bout de 5 à 10 écoutes, tout fait sens, ça prend incroyablement bien.
Franz : Alors, tu vois, ça c'est marrant parce que c'est souvent ce que disaient les gens à propos du premier album puis sur le deuxième. Il faut toujours un moment avant de bien le cerner. En tout cas, en ce qui me concerne, les albums qui m'ont le plus accompagné sur la durée étaient ceux qui, à première vue, ne sont pas directs, tu vois ? Tu ne sais pas si c'est bon ou pas au début, puis il y a des choses qui s'ouvrent au fur et à mesure. Tant mieux si notre nouvel album te fait cette impression, c'est cool.

Il y a même une chanson totalement déstructurée un peu jazz qui s'appelle "Moon above", ça vient d'une expérimentation réussie ?
Franz : Ouais, alors là, c'est vrai que ça part dans tous les sens, mais en même temps il y a une certaine cohésion. C'est le titre le plus perché, c'est évident, tu n'as plus aucune rythmique à laquelle te raccorder, tu es dans une espèce d'espace qui est terriblement déconstruit, la voix typée blues essaie de remettre les choses en place, ensuite, t'as l'harmonica qui débarque là au milieu, c'est clairement expérimental. C'est vraiment le titre qui soit, a le plus de difficulté à passer, ou au contraire, celui que les gens préfèrent.
En live, ça se passe comment avec celle là ? C'est "On verra ce qu'il se passe" ?
Franz : C'est exactement ça ! (rires) Tu te feras ton avis, on va la jouer ce soir.
Bernard : Cette chanson est un mélange d'électronique, de blues et de free-jazz. La sauce a pris avec des ingrédients improbables, mais c'est grâce à cette résidence dont on parlait avant qu'on a pu se permettre ce genre de chose aussi. On n'était pas obligé de la sélectionner pour le disque, mais c'est justement parce que ça prenait tellement qu'on l'a choisie. En plus, la jouer chaque soir sur scène est quelque chose d'extraordinaire. Je précise qu'on joue la version du disque, on ne l'improvise pas.
Cesare : "Moon above" est le morceau qu'on répète le moins parce qu'il faut qu'il reste frais. Je crois que je n'ai toujours pas compris ce que je dois jouer sur ce titre (rires).

J'imagine que vous allez jouer le disque en entier ou presque ce soir. Comment on prépare le live d'un disque comme celui-là ? A-t-il une spécificité que les autres albums n'ont pas ?
Franz : Oui, il est spécial sur ce point. On a joué toute l'année passée "Entre en matière" et "Figure sans nom" en ouverture de nos sets, après on repartait en terrain un peu plus connu, "Moon above" a aussi été joué quelques fois dans les rappels ou au milieu du set, ça dépendait. Quand tu fais une suite de morceaux pour un répertoire, t'as une ligne qui se dessine au fur et à mesure, tu sais où tu veux amener le public, mais tu tâtonnes au départ, tu ne veux pas trop le brusquer dès les premières minutes mais en même temps par moments c'est mieux de commencer énergiquement. On savait déjà que ces deux morceaux en ouverture, c'était parfait. Quand il a fallu inclure l'album entier - ou presque - dans le set pour cette tournée-là, car notre volonté était clairement de lui faire honneur et que le public ne voit pas les Young Gods sur un terrain connu, on s'est rendu compte que c'était délicat de mélanger les morceaux plus "bombastic" avec ceux plus downtempo qui demandent un certain moment d'adaptation. L'idée, c'était plus de raconter une histoire à travers ces morceaux, d'être cohérent, de les jouer pendant une heure et puis d'offrir au public 3-4 classiques, histoire que la fête soit belle et que ça soit un peu païen on va dire (rires). On termine le show avec un morceau du dernier album, mais c'est vrai que c'est toujours interdépendant parce qu'on a des morceaux de toutes les époques à proposer, avec des sons, des ambiances et des énergies différents, donc on essaie de faire en sorte que ça soit pas trop en dents de scie pour emmener les gens dans un voyage le plus unique possible.
Bernard : Mais cette volonté est là depuis le début en réalité. Avant de monter ce set, on voulait assumer totalement cet album en live, pas se cantonner à deux morceaux et éparpiller les plus connues ci et là. Le but c'était vraiment de raconter cette nouvelle histoire des Young Gods car elle nous botte bien.

Vous avez lancé deux clips ("Entre en matière" et "Tear up the red sky") avec le même réalisateur, Augustin Rebetez, et la même technique en stop-motion, en noir et blanc. Vous lui avez commandé une série ?
Franz : Non, du tout, cela ne concerne que ces deux chansons. En vérité, cela s'est tellement bien passé avec Augustin qu'on a décidé d'en faire deux. C'est un gars qui travaille de manière assez spontanée, et puis j'avais pas mal parlé avant avec lui, il me disait qu'on pouvait faire des plans mais que c'était sur le moment qu'on déciderait comment les exploiter car ça dépendait de plein de choses. On voulait une ambiance nocturne avec un travail sur les flous. Et puis, il s'est avéré que Cesare a eu un accident la veille du tournage, donc tout ce qui était prévu s'est retrouvé condensé en une seule journée ce qui fait qu'on a commencé le matin avec un soleil tapant, bref c'était pas prévu comme ça, on s'est débrouillé, on est allé dans des champs à côté de chez Cesare, on a fait des essais. Augustin avait vraiment une idée vague dans la tête, comme je te disais, il est très spontané, il décide sur le tas ce qu'on doit faire concrètement. Mais par contre, question technique, il ne tâtonne pas du tout, j'ai découvert son travail dans une biennale de l'image. Il y avait tout un sous-sol représentant son univers, ses sculptures, ses vidéos, ses photos, ses textes, il fait même une espèce de rap surréaliste aussi, c'est un artiste pluridisciplinaire, bref, j'avais vu une série de films qu'il avait fait qui s'appelait "Skeleton" avec un comédien qui avait ce truc saccadé un peu burlesque. Je me suis dit que cet univers cinématographique irait bien avec notre titre "Figure sans nom", que ça lui donnerait une autre approche, surtout que le sens du titre n'est absolument pas clair. Par le biais de ce clip, il a donné à la chanson ce truc un peu dadaïste qui fait référence au vieux rock psychédélique, je pense à Pink Floyd notamment. Sur le moment du tournage, on n'y avait même pas pensé et une fois le tout produit, on se rend compte que c'est parfait. C'est à partir de là qu'on lui a demandé de faire le clip de "Tear up the red sky". Parce qu'avant de commencer le premier clip, on lui avait soumis ces deux morceaux pour qu'il choisisse lequel lui branchait le plus, il nous a dit qu'il pouvait faire les deux. Il bosse super vite, on a fait une journée de tournage par clip, le deuxième on l'a fait de 5 heures du matin à minuit, c'était super agréable comme moment, on a pas beaucoup d'expérience en matière de clip et beaucoup ne nous ont pas convenus. Je crois que parmi tous nos clips, seuls "Lucidogen" et "Envoyé" nous plaisent. D'ailleurs, je pense qu'Augustin s'est inspiré du clip d'"Envoyé" pour celui de "Tear up the red sky" parce que tu nous retrouves dans une usine, dans la même configuration, sauf que c'est 30 ans plus tard. Cesare t'as de nouveau un bureau, ouais, je crois qu'il y a un clin d'œil.

Est-ce qu'après 12 albums studios, et hormis vos collaborations, vous pensez que les Gods ont encore des pistes à explorer musicalement, peuvent encore prendre de nouvelles directions ?
Franz : Oui, je pense qu'on a encore beaucoup de choses à explorer. On a encore pas mal de matériel sonore de cette résidence qu'on n'a pas encore exploité, on verra. Pour l'instant, on va être pas mal occupé à défendre cet album sur scène, donc je ne sais pas comment ça va se passer après cette période. Si tu veux, on écoute les trois beaucoup de choses communes ou pas, on évolue toujours comme les artistes qu'on aime d'ailleurs. Quand t'écoutes Everybody knows sorti il y a 9 ans maintenant, tu sens déjà qu'il y a une volonté d'aller vers une direction proche de Data mirage tangram. On avait cette envie d'improviser déjà mais on ne savait pas comment le faire, là on a eu cette occasion immanquable en plus de le faire en public. Mais je me souviens qu'on en parlait déjà à l'époque avec Alain (Al Comet), il voulait improviser en studio mais c'était délicat car avec les machines et les percus, c'était tout un binz, ça commençait à baver de partout sur les pistes et tout, et puis d'un point de vue technique aussi c'était compliqué.
Bernard : C'est clair, mais concernant le dernier album, c'était un mélange d'envies et d'opportunités, et probablement que dans le futur on réitérera peut-être cette expérience. Il y a toujours une différence entre ce qu'on a envie de faire et ce qu'on fait au final. On n'est pas un groupe qui compose en tournée, on se concentre uniquement sur les dates à faire, et puis nous n'avons pas de guitare dans le tour-bus, ni même de petit enregistreur. Les Gods, c'est plus une question de recherches sonores qu'une recherche de suites d'accords ou de mélodies. Quand on compose, on a le besoin de se retrouver dans une situation de liberté avec du temps pour accoucher de quelque chose. En tout cas, et je parle pour moi, l'expérience de ces dernières années me pousse à poursuivre dans cette voie.

The Young Gods - Maroquinerie 2019 Quelle explication faites-vous au titre de ce nouvel album ?
Franz : Data mirage, ça fait référence au big data. Beaucoup de décisions qu'on prend, nos actes et nos désirs sont gérés par des algorithmes. Tout ça commence sérieusement à régir nos vies, j'ai l'impression que ça ne dérange personne mais dans la communauté scientifique, on constate que des voix s'élèvent. Il y a tellement de données archivées dans le cyber espace que les algorithmes se percutent ensemble avec des infos qui sont fausses qu'à un moment donné, statistiquement, on perd en fiabilité et en justesse. Cesare, tu as bossé dans le big data de la finance, tu pourrais mieux en parler que moi.
Cesare : Oui, bon, après ça devient une autre discussion, on va s'éloigner de la question initiale. La chose est très simple à expliquer : plus tu as de données à exploiter, plus tu as des possibilités d'erreurs, c'est purement statistique. J'ai travaillé 8 ans dans le big data et j'ai vécu toutes ces erreurs que personne n'imaginait vraiment au départ. Il y en avait tellement que les algorithmes faisaient tout simplement de la fausse prédiction. Lorsque tu as un algorithme qui fait de la fausse prédiction et qui se base sur la data mondialisée qui elle aussi est fausse, il en résulte un chaos total. Et ce chaos est réel dans la finance, parce que c'est dans ce secteur que j'ai travaillé. L'objectif de tout ça à la base, c'est pour qu'une société puisse prendre des décisions plus rapidement qu'un humain et de la prendre avant ses concurrents, et donc de fait diminuer au final le nombre de ses employés. Chaque concurrent va aussi établir des algorithmes de son côté avec l'aide de mathématiciens et de machines différents, et ceux-là vont s'entrechoquer, sauf que tout est faux, et pourtant l'algorithme financier était le truc hype des systèmes bancaires. C'était la Bérézina totale.
Franz : Et le tangram, c'est un jeu chinois antique composé de 7 pièces qui forment un carré et tu formes des figures avec. C'est un outil créatif mais en même temps un vrai casse-tête car tu dois les remettre dans leur forme initiale en carré après. Il y a 7 titres, donc il y a un clin d'œil à ce jeu surtout par rapport à la discussion qu'on a eue sur l'ordre cohérent des morceaux dans la setlist. Au final, ces trois mots assemblés, "data", "mirage" et "tangram", c'est pour dire que tout ça n'est qu'un jeu au bout du compte, c'est un peu l'idée qui s'en dégage.

Dernière question : c'est complet ce soir, n'avez-vous pas ce regret de ne pas avoir pu jouer dans une plus grande salle ? En parallèle, n'avez-vous pas également ce regret de ne pas avoir pu sortir l'album plus tôt ?
Franz : Écoute, je sais plus que tout que c'est frustrant pour les personnes qui n'ont pas pu avoir de billets pour ce soir. Les organisateurs de cette date ne savaient pas au moment de la préparer comment l'album allait être pris, ils n'ont donc pas pris de risques. On préfère jouer devant une Maroquinerie pleine qu'un Trabendo à moitié rempli, mais la bonne nouvelle c'est qu'on va jouer le 24 novembre à la Machine du Moulin Rouge qui est une plus grande salle. On espère pouvoir la remplir. Après, sur ta question du regret de ne pas avoir sorti d'album plus tôt, tu ne peux pas en faire si rien ne se passe, il nous a fallu du temps pour avoir cette cohésion qui a abouti à une sortie dans laquelle justement on la ressent. Il est vrai qu'on aurait pu trouver le remplaçant d'Alain plus rapidement, ça aurait donné autre chose, mais on attendait le bon moment pour trouver une bonne relation musicale. Faut quand même pas oublier qu'un groupe, c'est avant tout une bonne bande de potes qui jouent ensemble pour se faire plaisir. Le délire de prendre un bon musicien professionnel pour boucher un trou, on le sentait pas du tout. Au final, ce fut un sacré joyeux hasard que Cesare nous rejoigne pour faire la tournée des deux premiers albums, honorer nos années 80, c'était presque une commande, pas de notre part mais d'une autre personne. Cesare a par la suite décidé de poursuivre avec nous, donc on continue sur cette belle lancée.