Witxes - A fabric of beliefs En parallèle à la réédition de Sorcery/geography, Witxes profite de cet appel d'air médiatique que lui offre la remise en avant de son premier album pour sortir le second, également chez Denovali Records (le label aux sorties mensuelles par - presque - pack de douze) et confirmer un peu plus les excellentes prédispositions créatives entrevues (voire un peu plus...) sur ses travaux sonores inauguraux. Album au titre à la modernité éloquente, A fabric of beliefs est la compilation de douze nouvelles pistes sur lesquelles viennent se mêler ambient atmosphérique, tentations électroniques bruitistes et abstractions drone dans un véritable maelström viral aux circonvolutions sonores labyrinthiques et tempétueuses (l'imposant triptyque "Through the abraxas" qui ouvre cet opus). Une oeuvre assez longue et pour le moins dense confirmant tout le bien que l'on pensait déjà de ce projet un peu hors-normes et du commun.

Toujours "seul" à la conception, Maxime V. ne s'en est pas moins entouré d'une pléiade de musiciens assurant les interventions acoustiques, arrangements plus ou moins percussifs et autres petites friandises à l'étrangeté troublante. Car à l'instar de ce que l'on pouvait trouver sur son premier album, Witxes développe ici une musique à l'exigence soutenue, frôlant parfois un léger hermétisme nécessitant un certain d'effort pour l'appréhender et le surmonter (l'interlude "The breach"), d'autre fois beaucoup moins lorsqu'elle se laisse "apprivoiser", non sans toutefois exhaler un magnétisme acoustique du plus bel effet ("The strands"). Expérimentale au sens le plus pur du terme, elle sait aussi aller au-delà de sa nature profonde pour proposer quelque chose de quasi inédit : une sorte d'énigme émotionnelle dont on ne ressort pas sans quelques interrogations malgré une profonde remise en question intérieure ("The apparel" et son doomjazz à la profondeur de champ sidérante).

Par opposition à ses compositions les plus "extrêmes" dira-t-on, Witxes délivre également quelques pistes plus accessibles (toutes proportions gardées) mais à l'intensité viscérale saisissante ("The visited", "The weavers"), un cocktail de musiques (au pluriel oui...) sensorielles qui se plaisent à se laisser aller à leurs pérégrinations viscérales au travers des paysages sonores que leur auteur crée sous nos yeux, quitte à faire des choix artistiques pour le moins osés. Pour un périple musical très personnel et sophistiqué dont on ne ressort pas sans ressentir quelque chose d'extrêmement particulier ("The words", "The moonlit passage"). Pour peu que l'on fasse le choix, voire l'effort, de s'immerger dans cet univers profondément complexe et organique. Mais presque parfaitement maîtrisé.