Velcra : Between force and fate Opus plus expérimental, comme l'atteste des titres comme "My loneliness I pay" ou le très trip-hop "The bong song", Velcra a souhaité arriver en studio sans avoir des chansons terminées de A à Z afin d'explorer différentes possibilités musicales.
Pochette en ruine, Yokohama détruite par un bombardement, après avoir été précédemment détruite en 1923 par un tremblement de terre, Between force and fate commence sur le très Orwellien "War is peace", et sa novlangue fourchue à double sens, que l'on rencontre impitoyablement quotidiennement sans y prêter attention, barrage de guitares, déluges meutriers, sonorités crues et dures, l'aspect reste assez froid et colle à ce titre pessismiste.
Velcra mélange sonorité métal avec une dose électronique non négligeable, tout en prenant quelques onces de pop pour les fines bouches, comme sur le très féminin et pénétrant "Water is getting high". A l'instar de Guano Apes avec sa frontwomen charismatique, c'est Jessi Frey qui mêne la barque au sein de Velcra, apportant une voix qui peut se faire douce comme très dure et critique, et refusant de céder au fatalisme. Chaque titre recèle une perle rythmique ou mélodique, le très speedé "Our will against their will", les accents Clawfinger sur "Memory loss" ou l'hymne "For my loneliness I pay". Le mix dense de guitares saturées et de samples fonctionne à merveille sur des titres décalés, Velcra monte vite en pression comme sur le cosmopolite "I can't tell the sun from the moon" alternant chant léger et mélodieux, basse groovy, samples de cordes, guitares hachées et riff subjugé par un orgue incongru.