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unkle_promo.jpg Retour en arrière... début des années 90 : James Lavelle et Tim Goldsworthy, producteurs éléctro et DJ's reconnus, fondent : Mo'Wax, qui déviendra rapidement LE label trip-hop/ abstract trip-hop de référence (DJ Shadow, Blackalicious, DJ Krush). Dès cette époque, Lavelle et son acolyte a l'idée de monter une entité musicale capable d'être le porte-étandard de sa structre alors toute récente, le projet sera baptisé : U.N.K.L.E. Le duo à la tête de Mo'Wax réunit alors autours de lui, Kudo (du collectif japonais Major Force) et notamment Geoff Barrow (Portishead) et le le "groupe" signera entre 1994 et 1997 toute une série de maxi (dont The time has come en forme d'ébauche de ce que sera le futur du projet, encore à l'état embryonnaire.
En 1998, U.N.K.L.E, devenu entre-temps UNKLE prend une toute autre forme, exit Kudo et Goldsworthy, bienvenue aux nouvelles recrues et non des moindres, puisque Mike D (Beastie Boys), Richard Ashcroft (The Verve), DJ Shadow et rien moins que Thom Yorke (Radiohead) rejoignent James Lavelle pour le premier album du collectif : Psyence fiction. Mélangeant allègrement, pop, rock, hip-hop, trip-hop et éléctro, ce premier opus est un hit et désigne UNKLE comme l'un des projets musicaux les plus excitants des années à venir. S'ensuivra pourtant un silence radio relatif de plusieurs années (entrecoupés de Unklesounds, sorte de remixes des morceaux d'UNKLE mélangés à d'autres influences musicaes), avant que le collectif ne remette le couvert en 2004 à l'occasion de Never, never land, avec cette fois, 3D (Massive Attack), Gary "Mani" Mounfield (The Stone Roses, Primal Scream) et Josh Homme (Kyuss, QOTSA, Eagles of Death Metal) au casting quatre étoile de ce nouvel effort.
L'année suivante, sort Edit Music for a Film : Original Motion Picture Soundtrack Reconstruction, un disque de remixes d'extraits de bandes-originales et de samples de films, puis en 2006 : Self defence: Never, never, land reconstructed and bonus beats un disque de remixes de Never, never land agrémenté de remixes et faces-B plutôt rares. Décidé à occuper le terrain, UNKLE s'assure à nouveau de prestigieuses collaboration à l'occasion de War stories (2007), son troisième véritable album. [à noter que celui-ci a été précédé par un vinyle 7'' baptisé Nights tempers EP : A prelude to war stories et sorti en préambule à l'album]. Une nouvelle fois, c'est une distribution béton qui vient participer à cet album puisque Josh Homme et sa femme Brody Dale (The Distillers, Chris Goss (Masters of Reality, producteur de Kyuss et QOTSA), The Duke Spirit et Autolux sont de la partie.
Début 2008, le groupe, désireux de s'en aller vers de nouveaux horizons musicaux annonce sa volonté de mettre fin à ses activités, non sans sortir auparavant un dernier album End titles... stories for film.

UNKLE / Chronique LP > The road : part II (Lost highway)

Unkle - lost highway Est-ce que UNKLE est encore un collectif ? Le boss, c'est James Lavelle et s'il est toujours entouré d'une galaxie de musiciens talentueux, UNKLE reste son projet, celui qu'il mène comme et quand il en a envie. Il a pris la route pour une trilogie et après la première partie, voici la seconde qui se compose de deux actes et donc deux cds, une vingtaine de titres qui sont autant de créations "individuelles" qui sont regroupées ensemble. Et même si son auteur précise qu'il ne faut pas forcément chercher de cohérence, force est de constater que la patte de James se retrouve un peu partout et que ce maître es électro-trip-hop a suffisamment de bonnes idées pour nous emmener sur une autoroute perdue (coucou David Lynch) sans qu'on se lasse une seule minute.

Alors forcément, on en a un peu pour tout le monde et celui qui préfère rester bloqué dans sa chapelle (pop, rock, trip hop, hip hop, années 80 ou 90...) risque de ne pas s'y retrouver mais pour un peu qu'on ait les oreilles larges, la balade vaut le coup. Parmi les principaux arguments, la qualité des intervenants sur ce disque, UNKLE aime les collaborations et ses invités, sachant qu'ils vont être mis en valeur, ne se font pas prier pour venir "travailler". La liste est longue mais on notera tout de même les venues de Mark Lanegan (Screaming Trees entre autres, trop solennel ici), Tom Smith (Editors), Wil Malone (producteur et arrangeur pour Black Sabbath, Iron Maiden, Massive Attack, Depeche Mode ou Opeth), Chris Goss, (chanteur et guitariste de Masters of Reality, producteur de Kyuss, QOTSA, Slo Burn, Mondo Generator...), Twiggy (Marilyn Manson, A Perfect Circle, Nine Inch Nails), Keaton Henson, Ian Astbury (The Cult) ou Mick Jones (The Clash). Une sacrée brochette et des guests dans tous les styles pour donner des couleurs différentes aux titres.

L'ensemble est hétéroclite et il n'est pas évident de mettre dans la balance les titres entre eux, pourtant, il faut bien en sortir quelques-uns du lot (après avoir mis de côté les petits interludes). Bien sûr, il y a ceux où Liela Moss (qui fait désormais partie du collectif même si elle chante aussi avec The Duke Spirit et en solo) vient poser sa voix ("Feel more / With less", "Sun (The)" et "Touch me", cover d'un titre très dansant du DJ portugais Rui Da Silva), il y a ceux où le chanteur d'Editors apporte beaucoup de fraîcheur (le très pop "The other side" et le plus travaillé "Crucifixion / A prophet"), ceux où ça bricole pas mal ("Nothing to give" ou "Kubrick", coucou Stanley) mais mon préféré est "Ar.Mour", un petit bijou trip hop (coucou Massive Attack) où toute la classe de UNKLE s'exprime.

UNKLE / Chronique LP > End titles... stories for film

UNKLE - End titles... stories for film Se séparent, se séparent plus... il faudrait savoir quand même... Rappel des faits : en janvier dernier, les deux têtes pensantes d'UNKLE, James Lavelle et Richard File, annoncent leur volonté commune de prendre des chemins artistiques différents et par conséquent de mettre fin à ce projet. Après War stories, la date du sabordage du groupe est fixée au 1er mars. Rideau. Sauf que quelques semaines plus tard, un étrange communiqué parvient jusqu'aux boîtes e-mails des différents médias musicaux : un nouvel album d'UNKLE verra le jour au coeur de l'été. Interrogation, investigations et quelques explications plus tard, le voile est levé sur ce disque d'ores et déjà baptisé End titles... stories for film. Il s'agira d'un effort compilant chutes de studios de War stories, compositions plus "classiques" et quelques morceaux épars composés pour des bande-sons de jeux vidéos, séries TV et autres long-métrages de cinéma.
Hétérogène, cet ultime offrande signée James Lavelle et Richard File est une oeuvre qui rompt avec les précédents opus du duo. Des nappes électriques noctambules, des mélodies incertaines souvent tapies dans l'ombre et qui se plaisent à jouer avec les ombres avant de percer le brouillard, une certaine froideur dans le propos et en filigrane, une volonté de titiller l'imaginaire de l'auditeur. De l'introductif et très bref "End titles" (35 secondes seulement) au plus rock évanescent "Ghosts", en passant par plusieurs collaborations avec Gavin Clark (Sunhouse) sur "Cut me loose" ou "Blade in the back". Quelques intermèdes instrumentaux ("Ghosts (String reprise)", le sublime "Synthetic water") parsemés ci et là, quelques morceaux taillés pour cartonner via des collaborations toujours aussi prestigieuses et soignées. Outre Gavin Clark, présent sur cinq des titres de l'album, Josh Homme des Queens Of The Stone Age et Eagles of Death Metal sur "Chemicals", Chris Goss (QOTSA, Masters of Reality) en guest de luxe sur "Nocturnal" et les excellents Black Mountain sur "Clouds" viennent apporter leur contribution au projet. Et End titles... stories for film de marrier habilement titres rock, électro, ambient minimaliste ("Even balance") avec un souci permanent de varier les genres sans jamais sacrifier à la qualité de l'oeuvre...
Collage parfois improbable ou plus évident mais toujours réalisés avec un sens de la narration très cinématographique, entre champ contre champ, longue focale s'attardant sur l'élégant "Trouble in paradise" ou contre-plongée mettant en valeur l'intensité onirique de "24 frames", cet ultime effort signé UNKLE use de toutes les subtilités de sa palette artistique pour mettre en valeur la grammaire cinématographique qui sied si bien à sa musique. Rêverie contemplative ("In a broken dream"), trip-hop glacial et hypnotique à la Massive Attack ("Black mass"), collaboration acoustique (ratée) avec le réalisateur junkie Abel Ferrara (The King of New York), UNKLE assume complètement les liens qu'il tisse avec le petit monde du 7e art. Sans doute que l'avenir de ses têtes pensantes passe d'ailleurs sans doute par là. Mais avant, le duo se charge de conclure en beauté l'aventure en déposant délicatement sur la platine un "Heaven" et "The Piano echoes" élégamment feutrées... Un point d'orgue pour un groupe qui, cette fois, a décidé d'en rester là. Rideau...

UNKLE / Chronique LP > War stories

Unkle - War stories Après un premier aperçu (Nights temper) sorti discrètement en édition limitée quelques mois avant celle, plus médiatique de l'album que voici, UNKLE fait donc son retour discographique avec ce disque d'une richesse infinie de kaléidoscope musical idéal. Une fois passée une courte intro aux influences soul et sans titres, James Lavelle passe aux choses sérieuses avec un "Chemistry" ambient rock, moderne et aux nappes synthétiques entêtantes. D'entrée de jeu, UNKLE affiche ses prétentions et démontrer que l'entité créée par le boss de Mo'Wax a largement les moyens de ses ambitions. Deuxième acte, celui-ci passe au chant et nous gratifie d'un "Hold my hand", plus pop et aux allures d'un Depeche Mode hypnotique. Une mélodie efficace, des arrangements qui se nourissent d'éléctro planante et un morceau qui rompt avec le précédent sans pour autant perdre l'auditeur en route.
Comme à son habitude, Lavelle laisse une large place à ses collaborations dans ses albums et ne déroge pas à la règle avec War stories puisque c'est l'inénarrable Josh Homme qui inaugure cette nouvelle fournée de guests de luxe sur le groovy-esque "Restless". Un titre en forme de ballade éléctro-rock psychée qui balade sa coolitude tout au long de ses 5'04 avant d'enchaîner avec le somptueux "Keys to the kingdom" pour lequel Lavelle a effectivement donné les clefs de son univers musical à Gavin Clark (leader des météoritiques Sunhouse). En résulte un morceau de rock brûlant et fiévreux, au songwriting inspiré et aux atmosphères denses et fouillées. Intense. Electro ambient lunaire et vaporeux, des ambiances retro, des arrangements subtiles, "Price you pay" déroute avant d'envoûter ; l'efficace single "Burn my shadow", porté par la voix de Ian Astbury (The Cult) vient parachever le travail, UNKLE est au sommet de son art... pourtant ce n'est pas encore terminé. Mélodies entêtantes, instrumentations variées, éléctro tantôt discrète, tantôt omniprésente, ce War stories est un album incroyablement dense et changeant, un disque que l'on peut écouter des dizaines de fois sans jamais s'ennuyer tant l'exceptionnelle hétérogénéité des compositions ne vient jamais ternir leur qualité. Au fil de ses collaborations (dont "Persons & machineray" avec Autolux ou l'éléctrisant "Mayday" avec Duke Spirit), le maître d'oeuvre de l'entité UNKLE passe en revue tous ses styles de prédilection afin de les passer dans le mixeur et en produire le meilleur ("Broken" et "When things explode").
Aidé dans sa tâche de quelques grands noms de la musique (Josh Homme des QOTSA et Dave Catching des EoDM ou 3D de Massive Attack pour le feutré "Twilight"), Lavelle se rapproche justement de l'oeuvre du dernier cité, paradoxalement aidé dans sa tache par un producteur qui vient du milieu stoner : Chris Goss (Kyuss, QOTSA). Mais à l'instar de la formation phare de Bristol, le nouvel album d'UNKLE est une véritable démonstration musicale, inspirée, mélancolique et organique où l'expérimentation ne prend jamais le pas sur l'émotion. Si certains n'apprécieront pas nécessairement l'intégralité de l'opus, rare sont ceux qui resteront insensible devant ses quatorze compositions pop/ trip-hop/ post-classique/ éléctro/ rock soigneusement livrées dans un bien bel écrin musical.