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Biographie > Elecroklash

"Une pure merveille (...) Trentemøller réalise ainsi l'album que l'on attend plus d'Archive ou de Massive Attack" a récemment écrit un journaliste de chez Magic. Pour l'émission Trax, The last resort, premier album du DJ/ compositeur danois, n'est autre que l'album de l'année 2006. Malgré une légère réticence initiale (de l'éléctro pour salon de coiffure ou un vrai truc qui tient la route ?), les superlatifs finissent par attiser la curiosité et l'amateur de musique un peu curieux pose une oreille sur le travail du scandinave. Car Anders Trentemøller n'est pas vraiment un inconnu au sein de la scène éléctro internationale. Lui qui a commencé par mixé dans les clubs de son Danemark natal a fait ses débuts discographiques en 2003 via un EP éponyme. Succès à l'appui, le DJ/ compositeur signe alors quelques singles à succès qui tourneront en boucle sur les platines des quatre coins du monde ("Beta boy" en 2004, "Physical fraction" l'année suivante). Peu après, Trentemøller signe chez Poker Flat Recordings, un label reconnu par les spécialistes du genre et via lequel le DJ danois sort son premier album The last resort à l'automne 2006. [ [us] Poker Flat Recordings.com (28 hits)External ]

Trentemøller / Chronique LP > The last resort

Trentemøller_the_last_resort.jpg Si cela peut paraître étonnant de voir débarquer ce disque sur un webzine tel que le W-Fenec, c'est également parce que l'étiquette rock/ metal qui nous est souvent apposée est bien trop réductrice. Car si l'on trouve dans ces pages du metal qui déboîte, du stoner qui sent la bière et de l'indus bourrin qui démonte des cloisins, on y trouve également du trip-hop inventif, du dub embrumé et l'éléctro glaciale... Trentemøller est à ranger dans cette dernière "catégorie" notamment aux côtés de certains travaux de Massive Attack, mais pas que. Car The last resort, premier album du génial arrangeur danois est également l'oeuvre d'un véritable compositeur. Electro-pop suave, langoureuse et lunaire pour l'explicite "Take me into your skin", minimalisme exarcerbé et hypnotique pour "Evil dub", cliquetis éléctroniques mêlés à des bidouillages new wave ("Like two strangers"), Trentemøller semble avoir plus d'une corde à son arc et n'hésite pas à user des différents artifices composant sa panoplie éléctronique.
Des nappes de synthés progressives, quelques gimmicks sonores ("Snowflake") et surtout une envie de toucher à tout, l'homme semble être autant inspiré par son background techno/ house que par les artistes scandinaves phares des dix dernières années (Sigur Ros, Mum, Royksopp notamment). Et l'on retrouve ces influences tout au long des treize plages de ce The last resort, un disque mélancolique et contemplatif, aux quelques fulgurances éléctro-rock et surtout à des années lumières des tubes éléctro carbonisant les dance-floors actuels... Des paysages enneigés, au coeur de l'hiver glacial scandinave, l'éléctro nordique de Trentemøller est empreinte d'un onirisme élégant ("Moan", "Miss you") et au fil des morceaux se révèle moins froide qu'il n'y paraissait aux premiers abords. Au final, il se dégage du premier album d'Anders Trentemøller, une poésie douce, une élégance éléctronique surprenante que l'on attendait nullement d'un DJ plus habitué à faire vibrer les dance-floors qu'à faire voyager musicalement son auditeur le long des fjörds d'Europe du Nord. Comme quoi parfois les étiquettes...