Indus Indus > Transitional

Biographie > Transition industrielle

Projet ambient metal électro-industriel réunissant Kevin Laska (Novatron) et Dave Cochrane, Transitional est une expérience sonore menée par des spécialistes du genre. Le dernier nommé a d'ailleurs collaboré avec Justin K.Broadrick et Kevin Martin à bon nombre de leurs projets musicaux (Jesu, Grey Machine, Head of David, God, Ice, Sweet Tooth etc) avant d'être l'une des têtes pensantes de ce projet bicéphale. Signé chez Conspiracy Records (Fear Falls Burning, Growing, MGR, Nadja, Thrones...), Transitional sort son premier effort, baptisé Nothing real, nothing absent, au printemps 2008.

Transitional / Chronique LP > Stomach of the sun

Transitional - Stomach of the sun En 2008, on découvrait le duo Transitional au détours d'un premier effort : Nothing real, nothing absent paru chez le spécialiste européen des musiques ambient/indus/drone (mais pas que...) à tendance expérimentales (en l'occurrence Conspiracy Records). Moins d'un an et demi plus tard, Kevin Laska et Dave Cochrane ne sont plus seuls aux manettes et ont été rejoints par un troisième homme : Phil Petrocelli, collaborateur habituel de Fear Falls Burning (familier de l'univers de Transitional...) ou Bill Laswell. De duo, l'entité drone/ambient est devenue trio, mais n'en a pas pour autant modifié ce qui fait l'essence de l'univers musical du projet. Sans verser dans la redite, Stomach of the sun (qui sort également chez Conspiracy) est une oeuvre qui semble s'inscrire dans la lignée de son prédécesseur, respectant ses codes musicaux à la lettre (longues nappes drone/ambient+ textures industrielles oppressante+rythmiques obsédantes et contexte déshumanisé), pour mieux les faire évoluer.
Deuxième album oblige, l'immersion au coeur l'univers du groupe est plus ardue que sur le premier. Aride et quasi monochromique dans son approche sonique, "Vacant monolith rotation" est bien délicat à appréhender lors de la toute première écoute. Monolithique au contact immédiat, ce n'est qu'après quelques séances d'analyse attentives et répétées qu'il laisse apparaître une propension à l'amplitude ambient qui vient rompre avec le drone narcoleptique dans lequel il semblait se lover durablement. Bruissement saturé, progressions électroniques, pulsations rythmiques lourdes qui viennent se visser dans notre cortex, après quelques secondes d'errements bruitistes, Transitional met en branle la mécanique. La production est d'une qualité ahurissante, (Kevin Laska est lui-même aux manettes pendant que l'incontournable Justin Broadrick se charge du mastering), les différents éléments harmoniques se déplacent sur l'échiquier musical du trio et "Pyramids" prend son envol. Sorte de croisement instrumental et vénéneux entre Jesu, Godflesh et Nadja, ce deuxième titre scelle définitivement le sort de ce Stomach of the sun.
On comprend alors que le "Vacant monolith rotation" inaugural n'était là que pour nous induire en erreur. Transitional est puissance. Le trio déploie son arsenal instrumental et une capacité de pénétration sonore peu commune. De la fascination, on se laisse tenter par l'obsession hypnotique d'"In my collapse" quand les hurlements sourds et passés au filtre digital de Kevin Laska retentissent. Panoramas de fin des temps, indus mouvant et rythmiques martiales, on se laisse happer par la densité sonore du trio anglais, lorsque "Drowning" parvient à nous faire échapper de cette atmosphère pesante et suffocante qui balise les premiers titres. Mais cette respiration n'était finalement là que pour mieux placer la deuxième vague métallique. Une déferlante sonore qui s'abat sur nos tympans avec l'intense "Blue sky fall" (assurément LE climax du disque...) puis le diabolique "Hideaway". Un chant toujours très en retrait, des arrangements particulièrement élaborés, esquisses mélodiques et textures très travaillées, il n'y a guère que ce premier titre en demi-teinte pour trouver à redire au sujet du deuxième opus des Transitional. "El Baron", l'éponyme "Stomach of the sun" (et son final dantesque), puis "Worst eyes shut" viennent parachever l'oeuvre du trio et il n'y a pas plus matière à critiquer au lance-flamme. L'architecture musicale est d'une robustesse étonnante, les secousses rythmiques ont beau tenter de fragiliser la structure des compositions, les Anglais ont conçu Stomach of the sun comme un disque dont les neuf morceaux ne doivent former qu'un tout, un ensemble complexe, infranchissable mais raffiné, une sorte de mur de son(s), une création à l'onirisme sauvage, à la beauté inhumaine d'une intransigeance rare et palpable. Ultime...

Transitional / Chronique LP > Nothing real, nothing absent

transitional_nothing_real_nothing_absent.jpg Expérience sonore aussi exigeante qu'oppressante, Transitional, c'est un peu la rencontre d'un Godflesh en apesanteur, d'un Jesu sursaturé et d'un Nadja sous psychotropes. Véritable exploration sensorielle, harangue guerrière incantatrice bercée par un ambient industriel aux effluves métalliques sauvages, "Nowhere shining" met d'entrée de jeu la barre assez haute. Démarré sous les meilleurs auspices, Nothing real nothing absent n'hésite pas à se révéler parfois déroutant, notamment à la découverte d'un "Fracture" sondant les limites d'un drone indus glacial en évoquant les pérégrinations musicales d'un Fear Falls Burning. Etonnant mais difficile à suivre. Sans doute conscient de nous avoir un peu égaré sur des chemins de traverses, le duo Kevin Laska / Dave Cochrane reprend alors la main et nous aiguillant sur le diptyque "This Paradise Part I & Part II".
Magma sonore chargé en réverb, vibration métallique et ambiant indus rituel, Transitional livre là la (double) pièce centrale de son premier album. Le chant très en retrait, laisse les honneurs aux arrangements labyrinthiques d'un groupe parfaitement rôdé aux codes du genre et décidé à en repousser un peu plus les limites. Refusant de se laisser aller en roue libre après quatre premiers titres finement ouvragés, le duo sert le jeu sur "Lustless". Un titre à l'intro lancinante et qui monte peu à peu en puissance, fait grimper la tension et accélère notre électroencéphalogramme en jouant sur un beat industriel répétitif et hypnotique, avant de nous abandonner sur un dernier titre en forme de longue plage d'ambient planant savamment orchestrée. Six titres denses et sans concession, baignant dans des atmosphères de fin des temps, Nothing real nothing absent est un disque inventif et marque la naissance d'un groupe qui est sans doute à découvrir sur CD avant de tenter l'expérience live.