indus Indus > The Sidewinder

Biographie > These guys are like snakes

Nous sommes 1996, Justin K.Broadrick, a sabordé Godflesh depuis quatre ans maintenant et se cherche un peu. Multipliant les projets plus ou moins éphémères, il explore différents styles musicaux assez éloignées du magma indus métallique du projet qui l'a rendu célèbre et se lance dans une série de collaborations aussi diverses et expérimentales que variées avec Kevin Martin. Un journaliste et producteur oeuvrant dans des horizons jazzcore, hip-hop industriel et pionnier du dub-step avec Mick Harris (ex-Napalm Death, Scorn) avec lequel Broadrick mettra au monde une flopée d'albums pour 4 projets distincts : God, Ice, Techno Animal et The Sidewinder qui nous intéresse ici. En duo, Martin et celui que beaucoup surnomment alors JKB conçoivent et enfantent deux albums long-formats : Colonized en 1996 et Implant l'année suivante.

The Sidewinder / Chronique LP > Colonized

The Sidewinder - Colonized Dub torturé, indus répétitif, jungle hypnotique, Colonized est le premier des deux méfaits "dubtech" que commettront en commun Justin Broadrick et son camarade de jeu Kevin Martin sous le pseudonyme de The Sidewinder. Pas moins de 22 morceaux, ou plutôt "plages sonores", basées sur un principe de répétitivité afin d'hypnotiser l'auditeur à défaut de le faire complètement rentrer dans l'univers assez glacial et déshumanisé du projet. Ou plutôt serait-ce l'ennuyer... ou l'inverse. A vrai dire, on ne sait pas trop, comment appréhender ce projet un peu "mutant", car de "The Vodun conspiracy" à "The omega bug", on peut parfois comprendre le délire qui habite les deux anglais, voire le trouver intéressant, il est toutefois nettement plus difficile d'y adhérer.
Si le début de l'album laisse supposer que l'on va avoir droit à un mélange de dub narcoleptique, et de jungle/indus percutant, la suite, malgré quelques petites trouvailles ("Return to B.C", "The Big Bang theory", "The Forbidden zone"), a tendance à nous laisser de marbre ("Phonic driver", "Infrasonic version")... Non pas que cela soit mauvais, juste un peu stérile. Autant dire que Colonized a tendance à traîner en longueur malgré des titres aux formats relativement ramassés. Difficile d'accès sur CD, la musique de The Sidewinder devait (le projet a été enterré il y a dix ans) sans doute prendre un sens différent en live, à défaut de nous convaincre lorsque l'on est vautré sur son canapé. Dubtech parfois efficace, d'autre fois clairement poussif, Colonized était sans aucun doute la bande-son idéale d'un road-trip cinématographique sous psychotropes à défaut d'un disque majeur dans la discographique de ses géniteurs. Ajoutons à cela un visuel absolument immonde et on a de quoi rester perplexe et circonspect, sinon un peu blasés...