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Biographie > Un orchestre de ninjas

The Cinematic Orchestra, c'est surtout un DJ anglais, Jason Swinscoe et de nombreux musiciens qui l'entourent. Dans les années 90, Jason forme le groupe Crabladder et sort un premier single sur son propre label Power Tools. Il se fait également connaître en travaillant pour de nombreuses radios (heart-FM, radio 1, Radio 1 Worl Wide). Il monte par la suite son propre club qu'il nommera "Le loop" où les DJ et les musiciens pouvaient refaire à loisir la B.O de film de leur choix. Après avoir bossé sur des remixes pour Ninja Tune (Amon Tobin, Bonobo, Pop Levi), il va travailler pour eux afin de mieux connaître les us et coutumes de l'industrie du disque. Jason se voit par la suite proposé de produire des compositions inédites pour un label allemand mais pour des vagues raisons juridiques, il opte pour le pseudo The Cinematic Orchestra. En 1999, Motion, le premier album de cette entité est publié via Ninja Tune qui a depuis sorti tous les disques du collectif désormais composé de Luke Flowers (percusions et batterie), Phil France (basse et contrebasse), John Ellis (clavier), Tom Chant (saxophone) et Alex James (pianos acoustique et électrique/flûte traversière).

Motion (1999)
Remixes 1998-2000 (2000)
Every Day (2002)
Man With a Movie Camera (2003)
Ma Fleur (2007)
Live at the Royal Albert Hall (2008)

The Cinematic Orchestra / Chronique LP > Ma fleur

The Cinematic Orchestra - Ma fleur A l'instar des Norvégiens de Jagga Jazzist ou des Polonais de Skalpel (leurs camarades au sein de l'écurie Ninja Tune), les Anglais de The Cinematic Orchestra évoluent dans un univers qui associe jazz et musique électronique avec, sur ce Ma Fleur, une évolution notable vers des contrées moins radicales que les groupes précités : une ré-orientation vers des sphères beaucoup plus pop où les influences jazz sont diluées et plus diffuses. Ma Fleur égrène donc ses ambiances sophistiquées sur 11 titres où se succèdent instrumentaux aux tempi variés, saupoudrés de cuivres volubiles et d'instruments à cordes bavards, mais également d'autres morceaux agrémentés de chanteurs venus d'horizons divers : se passent ainsi le relais le chanteur/pianiste canadien Patrick Watson (un compromis vocal très réussi entre Chris Martin - Coldplay - et Jeff Buckley), la chanteuse soul américaine Fontella Bass (connue pour son tube planétaire 60's "Rescue me") ainsi que Lou Rhodes, une chanteuse folk anglaise qui a officié également dans le groupe trip-hop Lamb. Chacun d'eux participe à l'identité de Ma Fleur, une atmosphère à la fois délicate, d'apparence fragile mais cohérente. Ces trois protagonistes à l'empreinte vocale différente se rejoignant sur ce caractère intemporel et non datable de chacune de leurs voix. Evidemment, Ma Fleur ne souffre d'aucune monotonie, la variété et l'alternance des intervenants y contribuent mais les The Cinematic Orchestra ont aussi eu l'intelligence de parsemer leur album de moments incongrus qui prennent l'auditeur à rebrousse-poil et le secoue de cette enveloppe duveteuse confortable qu'est Ma Fleur, et cela avec plus (le folk aérien de "Music box", l'arrêt abrupt de "Prelude") où moins (la crispante "As the stars fall") de réussites. Les fautes de goûts sont toutefois rares et font de cet album une réussite de plus à mettre à l'actif du collectif anglais.
Ma Fleur est à conseiller à ceux qui se plaisent à contempler lors de longues séances méditatives : The Cinematic Orchestra vient peut être d'en composer la bande son idéale. Soulignons d'ailleurs le travail visuel effectué par le groupe, le livret est en effet garni de photos dont l'objet et de guider l'auditeur dans sa représentation visuelle de la musique durant l'écoute de Ma Fleur : ni plus ni moins qu'un guide de voyage pour le continent fictif The Cinematic Orchestra en somme.