Tensuo - Petites musiques d'intérieur Notre ex-chroniqueur Remii parti chercher son bonheur dans la blogosphère (chez "Stig And Joe" pour ne pas le citer), la tâche me revient de poursuivre son travail commencé sur un groupe Bisontin à savoir Tensuo. C'est avec l'arrivée d'un nouveau batteur que le trio a enregistré et sorti en mars un nouvel EP composé de cinq titres et de deux remixes. Petites musiques d'intérieur, c'est son nom, sonne donc comme un nouvel élan pour cette formation revendiquant une identité sonore à la croisée de trois genres que sont le rock, la pop et l'électro. Difficile de se frayer un chemin sur la route de l'originalité lorsqu'on choisit les éléments les plus joués sur la planète "musiques actuelles". Mais Tensuo a le mérite de brouiller les pistes en imposant son style à la fois doté de simplicité et de complexité entre chansons plus ou moins évidentes et véritables brûlots hypnotisant. Et pourtant, le début de l'EP est, pour le moins, dur à digérer. Le chant maniéré de "Be careful" fait grincer quelques dents malgré une construction instrumentale intéressante bien que trop lisse à mon goût. Même rengaine pour "Ultradrive" qui n'a que sont refrain aérien pour sauver la mise. Trop d'approximations vite rattrapées par ce qui va suivre. Et nous ne sommes pas à l'abri d'un déluge de décibels, bien au contraire. "Enterprise" envoie son beat 100% électro démoniaque dans nos écoutilles à la manière d'un Shrink Orchestra ou de Casper Whirlin, deux formations proches géographiquement du groupe. "Dry an arpeggiator" quant à elle nous noie dans un torrent d'accords de guitares et nous oppresse par une programmation électronique sophistiquée. Le disque est lancé, ca va crescendo et on en redemande. Et la, bim, "Indian summer" nous prend par surprise en dévoilant une atmosphère posée rendue possible par une rythmique solide, des bidouillages et une progression limite post-rock ultra jouissive. Tensuo aime varier les genres et brutaliser son audience par des changements inopportuns, peut-être un peu trop, ce qui demande par conséquent une assimilation totale de ses morceaux pour les apprécier à sa juste valeur. Pour terminer cet EP, le groupe offre deux remixes. N'étant moi-même pas trop fan de ce genre d'exercice, je dois avouer qu'ils sont loin d'être dégueu à l'image de celui de Feetwan visiblement influencé par la vague big beat ou par les derniers High Tone. En somme, ces Petites musiques d'intérieur sont loin d'être du easy-listening ou du lounge mais sont néanmoins propices à l'évasion sensitive du moment que le chant se tienne loin, très loin.