Snoutbender se traduit en français par "tordeur de groin". Quelle en est la signification ? S'agit-il d'une légende bretonne ?
Gildas : On faisait en fait partie d'une secte au milieu des trolls et des sorcières ! Non en fait le premier batteur avec qui on a joué voulait un nom un peu débile. On a trouvé ce nom "tordeur de groin" donc "snout bender" qui est bien débile faut le dire mais finalement on a préféré garder le nom anglais.

Citez-moi les groupes qui vont ont servi d'influence à vos débuts…
Gildas : Helmet en priorité, après différents horizons musicaux se sont profilés. Mathieu notre bassiste a joué dans pas mal de styles, il est passé du jazz au punk…
Guil : Nos influences sont multiples, on écoute de tout.
Gildas : On est proche d'Helmet au niveau rythmique mais en soit, on est fan de beaucoup de choses qu'on essaye de retranscrire dans notre musique, on y met donc un peu de tout.

Votre actualité c'est Energéthique le CD 5 titres que vous avez sorti cette année. Quel est l'accueil du public par rapport à cette deuxième démo ?
Gildas : Ca va, on n'a pas de distribution, tout se vend par concerts et par notre site internet dont s'occupe Guil. Puis par les groupes qu'on rencontre en concerts on a de nouveaux contacts qui permettent de faire circuler notre nom. On a peu de moyens mais on s'en sort.

L'un des moments forts de ce disque est la participation de Mouss de Mass Hysteria sur le titre "Le meneur de loups". Racontez comment s'est passé cette collaboration.
Gildas : Mouss et Erwan, l'ancien guitariste de Mass, sont tout d'abord brestois comme nous et ce sont donc des amis. Or il se trouve qu'avec eux nous avons un copain en commun qui participe lui-même aux textes de Mass Hysteria qui a eu envie d'écrire des paroles pour nous. On lui a proposé l'instrumental du morceau "Le meneur de loups" qui était plus ou moins en chantier et donc j'ai proposé à Mouss de venir faire un featuring et il a répondu "pas de problème !". Il a écouté le morceau qui lui a plus puis il est entré en studio avec nous pour le réaliser. C'est une belle recrue c'est sûr !

C'est d'ailleurs sur les conseils de Mouss que Guil est passé du chant en anglais au français. Pensez-vous vous essayez au breton ?
Guil : Le passage de l'anglais au français était une évolution naturelle du groupe. Il y a peut-être l'influence de la scène française qui nous a rapproché de la possibilité de chanter en français. Du coup l'anglais est désormais abandonné même s'il réside encore sur quelques passages. Maintenant tout sera fait en français, le test a été concluant, on a préféré de suite.
Gildas : On préfère tous le français maintenant, c'est clair.
Guil : Au début on était plus hardcore et l'anglais passait mieux à l'époque. Aujourd'hui étant donnée notre orientation musicale on préfère le français.
Mathieu : J'ai voulu leur faire essayer l'occitan mais ça n'a rien donné ! (rires).
Guil : Et puis je ne parle pas anglais couramment en plus je ne faisais que de la traduction. Quant au breton je n'essaierai pas, je ne le parle pas !
Gildas : Et Matmatah s'en occupe déjà ! (rires). Mais je suis sûr que Guil le fera quand même !

C'est Jimi de La Bestia qui vous pose la question suivante : comment se débrouille Erwan (ex-Mass Hysteria) en tant que producteur ?
Gildas : C'est quelqu'un qui nous a permis de rencontrer beaucoup de gens, il a pu nous donner des conseils judicieux grâce à son expérience. Et comme on le disait tout à l'heure c'est un super pôte.
Guil : Il nous a suivi pendant tout l'enregistrement d'Energéthique, il s'est occupé du son et du mixage.
Gildas : Mouss et Erwan on leur doit beaucoup c'est évident. En omettant totalement l'étiquette Mass Hysteria ce sont avant tout de vrais amis, grâce à eux on est arrivé à un certain niveau.
Guil : Erwan a beaucoup aidé Gildas à la guitare notamment (ndr : c'est d'ailleurs avec la guitare qu'utilisait Erwan dans les concerts de Mass Hysteria que Gildas joue aujourd'hui).
Quelles sont ses nouvelles aujourd'hui ?
Gildas : Il continue à faire un peu de musique, il s'est d'ailleurs mis à la basse, il fait du bateau, il prend des vacances… Tranquille, plaisir , bonheur au bord de la mer, tout va bien pour lui.

Après Energéthique j'imagine que vous allez passer à la réalisation de votre premier album ?
Guil : C'est en effet un but.
Gildas : Mais de là à dire qu'un album va sortir cette année…

Disposez-vous de certains contacts ? Des gens doivent s'intéresser à vous ?
Guil : Disons qu'on a prospecté auprès du " marché " mais comme on n'a pas fait encore beaucoup de concerts on s'est dit qu'il fallait sortir au moins un skeud comme support promotionnel. A partir de là l'objectif premier c'est le live, le live et encore le live. Tourner un maximum et partout ça apporte tellement.
Gildas : On a pas mal de plans maintenant dû au fait qu'on a un tour-manager…

Est-ce que Snoutbender représente votre avenir ?
Gildas : Bien sûr, on fera tout pour !
Guil : C'est bien plus que de simples répétitions le samedi dans un garage ou faire de petits concerts, c'est pour aboutir à quelque chose de sérieux. La musique c'est ce qu'on préfère tous, c'est notre passion.
Mathieu : On a fait déjà pas mal d'investissements et de sacrifices pour parvenir à ce qu'on est aujourd'hui.
Guil : C'est une aventure qu'on essaiera de mener le plus loin possible, ça passe ou ça casse… Mais on se donne à fond dedans.
Gildas : On fait pas ça uniquement pour se dire "on aura essayé". Quand tu voies que ça prend une tournure intéressante, tu te prends une année, tu y vas à fond et tu regardes ce que ça donne. Au bout d'un an, tout peut retomber mais après il faut savoir se faire une raison, il y a déjà beaucoup de monde sur la place…

Est-ce que ça vous gène si je vous dis que Snoutbender appartient à la scène néo-métal française et tout le côté restrictif voire péjoratif que cela sous-entend ?
Gildas : Non ça ne me gène pas.
Guil : Moi je suis fan de la scène française et ce depuis quelques années. Des groupes comme Mass font partie en quelque sorte des anciens et depuis plus ça va plus ça décolle. Mais je ne trouve pas le terme néo-métal péjoratif.
Gildas : Moi initialement néo-métal je ne sais même pas ce que ça veut dire.
Guil : Perso le terme néo-métal m'amuse, moi j'aime bien. Mais dans ce courant il y a tellement de groupes qui font de musique différente que c'est inclassable.
Olivier (manager de Snoutbender) : Avant on ne savait pas quoi dire d'un groupe, on disait qu'il faisait du rock indépendant…
Mathieu : Nous on dit qu'on fait de la musique énergique et sportive !

Quels sont les groupes de la scène française (hormis Mass) avec lesquels vous avez de bonnes relations et dont vous souhaiteriez parler ?
Guil : No Place For Soul et Good Friday, d'autres brestois. Et puis tous ceux qu'on côtoie en concerts…
Gildas : On a notamment des contacts avec un groupe de San Francisco produit par Henry Rollins dont on continue à avoir des nouvelles régulièrement. On s'entend bien aussi avec le groupe toulousain Sidilarsen qu'on a fait venir jouer chez nous et chez qui on va bientôt aller, il y a Delicatessen aussi du collectif Antistatic.
Guil : Tout se passe naturellement en fait, ils ne se prennent pas la tête et nous non plus.
Mathieu : On a vraiment bien accroché aussi avec les mecs de Tripod quand ils sont venus à Quimper.
Guil : On a fait la fête ensemble jusqu'à 6h du matin !

A propos d'Antistatic et à l'instar de Tripod et Coriace, cela vous a-t-il traversé l'esprit de fonder un collectif brestois ou breton ?
Guil : Oui ce serait un projet. Les groupes sont motivés (No Place For Soul, Good Friday...) mais après chacun étant impliqué dans son propre groupe, la mise en place est assez compliquée… Ce serait plus histoire de se donner des coups de mains pour trouver des dates notamment.
Mathieu : Et puis on aurait besoin d'aides bénévoles…

Est-ce que le Breizhcore existe alors ?
Mathieu : Qu'entends-tu par "Breizhcore" ? (rires). Allez viens à Brest on va t'expliquer !
Guil : Tu rigoles mais dans le domaine du métal à Brest il y a de très bonnes choses, des groupes comme Power Trip
Gildas : Hoax ils sont brestois, dans Mass il y a des brestois… Une partie de la scène française vient de Brest !
Est-ce que le Bretagne est selon vous une terre de métal ? Quel peut-être le lien entre ces deux cultures ?
Mathieu : Moi je suis toulousain, je ne peux pas te répondre !
Guil : Ce que je trouve dommage c'est qu'en Bretagne, comme la musique est une question d'argent (faut pas rêver), tous les budgets vont s'orienter vers les groupes de culture bretonne uniquement.
Gildas : C'est vrai qu'il manque pas mal de petites salles pour produire des groupes mais d'un autre côté le fait que la culture bretonne soit à la mode je trouve ça génial. Moi je suis attaché à cette culture, il faut savoir d'où on vient, il faut garder ses racines.
Guil : C'est dommage cependant que tous les intérêts partent uniquement vers les groupes de culture typiquement bretonne comme Matmatah.
Qu'en pensez-vous d'ailleurs du succès de Matmatah ?
Gildas : Je suis pas fan mais tant mieux pour eux. Même s'ils n'ont rien inventé…
Et l'effet de mode lié à cette culture bretonne, ça vous plaît ou pas ?
Gildas : C'est la mode du celtique, ça passera. Mais tant mieux ça peut permettre de faire découvrir ou redécouvrir une nouvelle région notamment aux parisiens et à tous ceux qui ne connaissent pas la mer. Moi ça me plaît.
D'ailleurs vous n'avez pas de pavillon breton accroché sur un ampli ou sur la grosse caisse comme le fait Mass Hysteria. Vous pensez y venir ?
Gildas : On va jouer au pays basque au mois d'août donc je pense qu'on va effectivement gérer la pavillon breton ! C'est un clin d'œil envers deux régions fortement attachées à leur patrimoine comme la Bretagne et le Pays basque.