Sin - K3 D'où est venue cette idée de partir dans les montagnes du Kazakhstan ?
Kyrill : Dans un Kinder Kazak ! J'avais déjà mis les pieds dans le coin en fait, mais pas longtemps, après un périple en Ouzbékistan. Après une rencontre avec différentes personnes, on nous a invité à venir jouer ! J'ai tout de suite tilté en pensant que c'était une idée sur mesure pour Sin !

Ca semble insensé pour un groupe aussi électrique... S'il n'y avait pas eu les panneaux solaires, vous auriez joué unplugged ?
Vince : Oui !
K : Effectivement, sans batterie de voiture et sans panneaux solaires, on aurait fait des bruits avec notre bouche ! Ce n'était pas facile, la batterie de voiture s'est déchargée à une vitesse phénoménale à cause du climat ! Heureusement que le laptop avait une bonne recharge.

Comment les gens rencontrés ont perçu votre démarche ? On vous a pris pour des fous ?
K : Les gens l'ont très bien perçue, ils étaient même ravis que l'on vienne les emmerder avec notre projet ! Ils étaient incroyables, ils nous ont aidé dans chaque situation, sans eux, nous étions dans le pétrin ! Ils ont organisé un festival en pleine montagne et un live dans une boîte de nuit pour nous, le "Mega" ! En revanche, beaucoup de gens s'attendaient à tout sauf à de l'indus ! Au début, Ils étaient surpris du style du groupe ... bien que la région grouille de groupes de Death Metal... Mais ils ont rapidement compris l'intention et c'était un véritable partage !
V : C'est clair, ça m'a fait halluSINer ! Les mecs te prêtent leur matos pour partir à 3000 mètres alors que tu les connais depuis deux jours !

Vous avez conservé des contacts avec certains ?
K : Bien sûr mais uniquement sur internet et encore quand les mails passent de leur coté.... Nous devons surtout envoyer la première livraison de DVDs. Je crois qu'on ne s'oubliera jamais de toute manière. Il faut préparer un autre voyage, c'est sûr, pour une petite tournée !
V : Ouais on a le mail de Princess Viktoria !

Si le projet humain était incroyable, la création du DVD avec un tel sujet en pleine crise, ça semble là encore impossible à monter... Et dans le même temps, le DVD est assez universel, chacun peut être touché autant par la musique que par les images sans être bloqué par un commentaire ou un sous-titre, c'était réfléchi pour l'international ?
K : Très bonne remarque, j'ai montré le film à un joueur de tablas de Jaipur l'autre soir, et je me suis rendu compte que ce film contient d'une certaine façon un langage très facile à comprendre... même si le film est complexe ou "pesant" en soi. K3 est tellement brut et riche en même temps qu'il n'a besoin d'aucun code culturel pour être compris ou interprété d'une seule et bonne manière. C'est vrai que c'est un avantage pour l'international. Nous l'avons vécu tel quel pendant le montage, nous ne nous sommes pas dit : "comment va-t-il être compris ?" ou "est-il pertinent ?". Nous sommes allés jusqu'au bout de l'affaire. Si jamais les gens y trouvent quelque chose d'universel, tant mieux ! Il est temps de déboucher les chiottes !
V : Au départ nous voulions l'autoproduire car nous pensions qu'un tel projet n'intéresserait aucun producteur... Ce qui ne fut pas le cas ! Un des principes que l'on a voulu suivre était que le film plaise autant à un aveugle qu'à un sourd...

sin - K3 : eclipse sin - K3 : eclipse Ce DVD trouve-t-il son public ?
K : J'espère qu'il réunira un large public en tout cas. Nous n'avons aucun mal pour l'instant à le montrer aux plus jeunes comme aux plus vieux, aux plus fous d'expérimental comme à des gens qui sont étrangers au style. Bon accueil pour l'instant de la part de tout le monde !
V : Pas mieux.

Ca vous coute cher une telle production ?
K : C'est le genre de production qui vous réserve quelques surprises ! (sourire). Il fallait bien s'organiser car on avait un petit budget. Nous avons préparé un minimum l'aventure ; et heureusement, car on ne s'attendait pas à ce que tout fonctionne ! Il faut savoir garder la tête froide dans ce genre de projets pour que ça tienne le coup. Si vous commencez à chipoter pour des détails, vous n'arrivez pas plus loin que l'aéroport. D'ailleurs, c'est ce qui s'est passé : les 90 kilos de matériel sont arrivés 24h après nous à Astana, la capitale, et nous ne savions pas si nous allions les revoir un jour. La compagnie aérienne allemande avait tout oublié pendant une escale !

Est-ce que ce DVD est la dernière aventure de Sin ?
K : Sûrement pas ! Je n'espère pas, en tout cas... L'énième aventure, oui !
V : Je crois que nous avons encore beaucoup de choses à dire (sourire). Un album studio devrait voir le jour prochainement et peut-être un autre DVD, qui sait...