indus Indus > Sigma Octantis

Biographie > L'étoile du sud

Né au début des années 2000, Sigma Octantis s'est stabilisé autour de trois intervenants (guitariste/bassiste/percussions et machines). Après une première période musicale très abrasive, le projet s'est rapidement défait de toute agressivité frontale pour s'orienter vers une musique empruntant désormais à l'aspect mélodique du postpunk, aux perspectives astrales d'une certaine dark ambient et au magnétisme des lignes de percussions ethniques et/ou industrielles.
En 2007, un premier album, Invocations voit le jour par le biais de la structure marseillaise Devine Comedy Records (Lambwool) et est suivi de ans plus tard par Dislocations. Disséminations qui aurait pu constituer le troisième et dernier volet d'un projet initialement pensé comme une trilogie sera finalement le prélude aux dissipations et sort au printemps 2012 via le label OPN Records (Babylon Chaos, Fragment., SicNoise...), également nouvelle "demeure" de Lambwool.

Sigma Octantis / Chronique LP > Disséminations

Sigma Octantis - Disséminations Huit pistes formant un agrégat sonore se développant sur une quasi heure de musique, entre (dark)ambient aux textures aqueuses, volutes de fumée narcotique et electro/indus tribal, Sigma Octantis est un projet pour initiés qui ne se laisse pas pour autant enfermer dans un underground obscur et inatteignable. Une production qui laisse des portes ouvertes en même temps qu'elle immerge l'auditeur dans un univers aux atmosphères obsédantes et à l'architecture narrative suffisamment trouble pour captiver l'attention, Disséminations est un disque à fois limpide, méditatif et labyrinthique, qui, de "Télescope totem" à "Une étincelle à la parade des lueurs mortes" distille une musique porteuse d'un magnétisme mélodique lascif et de perspectives bruitistes envoûtantes.

Les "Lents cataclysmes" ainsi évoqués à l'aube de la seconde plage de l'album ne sont "que" des mirages que le groupe laisse en suspend de longues minutes avant de peu à peu laisser entrevoir quelques indices sur la suite alors que les premières ombres font leur apparition dans l'horizon lointain. Le tourment s'approche et c'est sur l'intense "Neurotopia" qu'il va réellement sortir de l'ombre, Sigma Octantis y dévoilant alors ses attraits pour la musique industrielle pour la laisser prendre de l'ampleur sur des "Mémoires de l'oubli" mélangeant ambient rituel et indus tribal dans quelque chose qui ressemblerait à la musique d'un film qu'il resterait à tourner. En l'état, Disséminations parvient au fil des morceaux à gagner en attractivité en refusant notamment de se laisser enfermer dans un style trop réducteur et maîtrise son écriture, mouvante, organique, en multipliant les angles d'écriture comme les approches créatives pour toujours garder l'auditeur sur son radar ("A place where the Earth touches Heaven").

Ombrageux, dense et envoûtant ("Pimprenelle Pearl Harbor") ou plus électrique dans son approche créative ("Le bleu du ciel, une dernière fois"), Sigma Octantis est l'alliage quasi idéal de bricolages sonores ambient électro indus au minimalisme parfois et d'atmosphère effleurant régulièrement les contours de la mouvance postrock. pour un résultat de grand classe, sorti dans un élégant digipack chez discret mais toujours exigeant OPN Records (Fragment., Lambwool.).