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Biographie > Shreeek ? Non Sheer-K

C'est du côté de Brest que né début 2001, Sheer-K, qui à cette époque s'appelle No Rehearsal. Afin d'être complètement indépendant et autonome dans leur projet artistique, le groupe, composé de cinq membres, décide alors de construire leur propre laboratoire de son, de répétition et d'enregistrement. No Rehearsal devient alors Sheer-K. En 2003, le groupe est programmé aux Transmusicales de Rennes. Le 8 octobre 2005 est à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire du groupe, puisque sort à cette date son premier album, Elovation. Autoproduit, il permet aux bretons de se faire connaître hors de leurs frontières régionales et reçoit une flopée de critiques élogieuses. La même année, le groupe a été "découverte électro" au Printemps de Bourges. Trois ans plus tard, on retrouve Sheer-K sur l'un des labels spécialistes du genre dans l'hexagone : Last Exit Records (Robin Foster, HKU...) à l'occasion de la sortie du deuxième album du quintet : VIA.

Sheer.K / Chronique LP > VIA

Sheer-k - VIA "In this life" et son trip-hop enfiévré ne laisse pas l'auditeur tergiverser sur la tonalité de cet album made by Sheer-K (leur deuxième...). Des couleurs chaudes, des mélodies mêlant électro, pop et soul et cette nonchalance narcoleptique qui sera le point commun à quasiment tous les morceaux de l'album... on vit ici un songe éveillé. Quelques petites touches plus électriques sur "Random fiction Xperience", un piano distillant des accords envoûtants sur "Broken keys" et cette voix, féminine et enchanteresse qui survole les arrangements du groupe... Beats aux largesses hip-hop, clavier cristallin, le groupe reproduira cet élégant schéma musical un peu plus loin dans l'album avec "Choices", mais auparavant, s'amuse à brouiller les pistes. Car quand on pense avoir cerné Sheer.K, le quintet nous lâche un "Apathy" qui n'a définitivement rien d'apathique. Plus froid, presque clinique et organique, le groupe qui dévoile là un puissant alliage hip-hop indus/électro/rock de premier choix, ne fait pas les choses à moitié et démontre ici qu'il ne cherche pas à s'enfermer dans un carcan "trip-hop" trop classieux et de toutes les façons bien trop réducteur pour lui. On pense tantôt aux groupes de la galaxie Jarring Effects (Revo, R-Zatz ou Meï Teï Sho), tantôt à Asian Dub Foundation, au surdoué DJ Shadow ou aux non moins excellent The Herbaliser.
Ce premier costume étant un peu étroit pour eux, les Brestois poursuivent leur cheminement musical en explorateur de textures sonores. "Passing by..." expérimente une électro-pop exclusivement instrumentale aux cliquetis intemporels et flagrances hypnotiques, quand "Combien", chargé en samples, se laisse séduire par les effluves d'un jazz contemporain qui sied parfaitement à ses nappes électro-trip-hop teintées de psychédélisme. Chez Sheer-K, les titres n'évoquent pas nécessairement le contenu musical du morceau (remember "Apathy", c.f : plus haut dans cette chronique). "Fuck you" n'est pas ainsi ce qu'il semble être. Aucune agressivité de quelque forme que ce soit n'est à noter, le groupe semblant de prime abord jouer sur le registre de la provocation, avant de se laisser aller à exprimer ouvertement ses préférences électriques, notamment dans un final amplifié à souhait. Electro-rock, trip-hop, pop/soul, le groupe se fait l'apôtre d'une fusion musicale aux saveurs peu communes (l'onirique et crépusculaire "... By the way"), sortant des sentiers battus sans pour autant se révéler démagogique ou incompréhensive. Sheer-K veille ici à expérimenter, chercher encore et encore sans jamais égarer l'auditeur en route. Spoken word habité, arrangement subtils aux vapeurs narcotiques, "Equivox" transporte l'auditeur dans un univers urbain et lunaire, étrangement tout confort, vestige d'une modernité exacerbée. Comme sorti du temps, le groupe dévoile avec VIA, une musique évolutive et qui puise sa richesse dans sa diversité d'influences. Malgré deux titres en deça du reste de l'album ("Gemini jam", "Le jour d'avant"), les brestois sortent de ce ce disque la tête haute en concluant les débats sur l'étincelant "Concrete on Earth", titre qui n'est pas sans évoquer les sonorités entrevues sur le Battlefield d'Ez3kiel. Expressif et obsédant. A découvrir d'urgence...