indus Indus > Shaârghot

Review Concert : Shaârghot, Pig Data Tour (nov. 2017)

Interview : Shaârghot, Shaârghot ou Shaârghot ? (avril 2019)

Shaârghot / Chronique LP > Vol. 2 : the advent of shadows

Shaârghot - Vol. 2 : The Advent of Shadows Tournée fracassante faite de concerts hauts en couleur, EP qui a bel et bien cassé quelques corps, Shaârghot n'a pas franchement relâché ses efforts en 2018 et a même trouvé le temps d'enregistrer de nouveaux titres pour sortir le deuxième chapitre de leurs épiques aventures. Bien le bonjour depuis leur monde cyber-gore zombiesque post-apocalyptique.

Le cœur de la bête est formé par trois titres présents sur l'EP ("Doom's day", "Into the deep" et "Break your body"), trois valeurs sûres qui restent en tête et provoquent la gesticulation incontrôlée des membres, si tu ne les connais pas encore, ça va faire mal (et je me demande comment tu as pu passer à côté du clip de "Break your body" ???), si tu les connais déjà, l'enchaînement fonctionne toujours aussi bien et permet de t'enfoncer un peu plus dans leur univers, tu peux alors totalement lâcher prise pour le reste de l'opus (ou "Kill your god" en remet une couche pour les connaisseurs). Se faire happer dans les profondeurs du monde de Shaârghot ne se fait pas pour autant en un coup de clic (quand bien même les rythmiques sont prépondérantes dans leurs constructions), on s'est juste fait avoir en douceur par "Miss me ?", belle introduction qui plante le décor et sème les premières idées de "Black wave" histoire de faire passer une certaine martialité comme de la normalité. Quand on fait dans l'électro-indus-métal, forcément, le binaire qui fracasse est de sortie mais ici, les gars en usent et parfois en abusent pour nous mettre à genoux. Et plutôt que le faire à la Rammstein (donc en lourdeur), ils s'amusent à parsemer leurs riffs et leurs mesures de samples assez clairs qui visent le haut du spectre audible. Ça titille les oreilles en laissant le corps en alerte alors qu'ailleurs on serait déjà enterré... Alors qu'on n'est pas encore mort ("Now die !!!) et que la survie passe par un réveil immédiat ("Wake up"). Ce titre et le suivant ("Bang bang") empruntent un peu, par certains aspects, à Punish Yourself, le groupe ne cache pas cette référence aux grands frères, pas plus qu'il ne dissimule son amour pour l'EBM (Electronic Body Music si les noms de Front 242, Front Line Assembly, VNV Nation ou Skinny Puppy te sont étrangers). Shaârghot travaille aussi ses ambiances et si toutes les pistes ont de belles idées instrumentales, celles qui sont construites sans chant, comme "Regrets", trouvent parfaitement leur place au sein de ce Vol. 2 : the advent of shadows qui s'achève en beauté avec un "Shadows" qui sonne comme un hymne et va nous faire frissonner en live, prouvant que les gaillards peuvent procurer des sensations qui ne sont pas que physiques.

Il va donc falloir encore compter avec Shaârghot en 2019 et on ne va pas s'en plaindre tant le combo a progressé ces dernières années passant du rang d'outsider potentiel à pion essentiel de l'échiquier métal indus qui lorgne vers la place du roi.

Shaârghot / Chronique EP > Break your body

Shaârghot - Break your body Les années impaires sont des années Shaârghot, premier EP en 2013, premier album en 2015, nouvel EP fin 2017 ! Les Franciliens élargissent à chaque fois un peu plus leur fanbase et malgré les changements de line-up suivent une trajectoire ascendante qui devrait très vite les amener aux côtés de Punish Yourself, assurer les premières parties des Toulousains n'étant certainement pas "suffisant" pour leur appétit. Cyber-punk ou métal-indus, peu importe comment je les qualifie, la filiation avec le gang fluo est évidente, même si leur son comme leur sensibilité au niveau du groove tirent plus vers l'électro voire l'EBM que l'indus old school à la Ministry. Il suffit d'écouter "Kill your god" ou l'explosif "Break your body" pour comprendre que derrière la volonté de transformer ton salon (ou la scène) en zone post-apocalyptique, les Shaârghot veulent avant tout te faire danser. Pour maquiller ce crime odieux (me faire danser est puni dans 34 états outre-Atlantique), on passe par un premier titre martial à souhait ("Doom's day"), un grand coup de stress ("Into the deep") et un final lugubre un peu chelou où Skinny Puppy et Rob Zombie semblent autant conviés que le performer Loki Lonestar (chanteur chez Micropoint, HeYs, Tricksterland...). A revoir en live et à surveiller de très près !